Racontez-nous votre (dé)confinement: «Message d’une grand-mère à ses petits-enfants adolescents»

Racontez-nous votre (dé)confinement: «Message d’une grand-mère à ses petits-enfants adolescents»

Télétravail, loirsirs, école à la maison, le confinement a changé beaucoup de choses dans notre quotidien. shocky - stock.adobe.com

La Belgique est entrée dans la phase de déconfinement. Mais on le sait, il faudra encore patienter avant de voir une véritable évolution de la situation. En attendant comment avez-vous vécu cette période? Avez-vous des appréhensions pour le futur? Racontez-nous votre quotidien.

Suite à la crise du coronavirus, le 17 mars, Sophie Wilmès annonce le début du confinement en Belgique. Du jour au lendemain, le pays change de visage et les Belges doivent revoir leur quotidien. Télétravail, gestion des enfants, loisirs, école à la maison, solitude, ce confinement nous oblige à modifier nos envies, nos attentes. La Belgique doit faire front et la solidarité s’organise.

Aujourd’hui, le pays sort lentement du confinement. Sophie Wilmès a détaillé différentes phases de déconfinement avec plusieurs dates-clés: les 4, 11 et 18 mai, ainsi que le 8 juin.Ce lundi, les premiers mesures ont été assouplies et à partir de dimanche nous pourrons à nouveau revoir 4 personnes.

Mais on le sait, il faudra encore patienter avant de voir une véritable évolution de la situation dans notre quotidien, alors l’occasion est belle de se pencher sur le vécu de ces dernières semaines. Dites-nous comment vous avez vécu ces changements dans votre quotidien? Avez-vous des craintes, des attentes en marge de ce déconfinement? Avez-vous déjà des projets pour l’après? Voyage, mariage, bébé, divorce, ou encore nouveau job ?

 

Comme Nicole Polmans, une de nos lectrices, racontez-nous vos anecdotes, vos interrogations, en nous envoyant un mail à lecteurs@lavenir.net avec comme objet «Témoignage covid» ou cliquer dans notre direct ci dessous ( en cliquant sur commentaire) pour partager votre expérience, nous les publierons sur notre site internet. N’hésitez pas à nous fournir également quelques indications sur vous comme le domicile, l’âge etc.

 

Nicole Polmans, 74 ans, Oupeye: «J’ai 74 ans et vis mon deuxième confinement…»

J’avais 15 ans, l’âge de mes petits-enfants, lorsque nous fûmes «assiégés» par les troupes de l’ONU au Shaba (province du Congo). Nous étions 2 familles à la maison; dès que l’on mettait le nez dehors, des snipers nous tiraient dessus et notre voisin avait été tué. Comment passions-nous notre temps? Nous n’avions ni TV, ni smartphone, ni portable, ni internet…

Au début, mon frère et moi avons mis de l’ordre dans notre chambre, sur le bureau et dans nos cours, lavé les carreaux,….et reçu les félicitations de nos parents.

Un autre point positif, c’est que j’ai revu mes cours en lisant mes livres scolaires;… et j’ai enfin compris la physique et la géométrie qui m’étaient jusqu’alors totalement hermétiques.

Heureusement, il y avait les livres et un ami m’avait appris à souligner les réflexions, les pensées qui donnaient sens à la vie, à les apprendre par cœur ….cela m’a donné l’idée d’écrire un journal intime que j’ai perdu hélas au cours d’un des nombreux déménagements qui ont jalonné ma vie. Après une dizaine de jours nous avons été envahis et pillés par les soldats. Grâce à un lieutenant érythréen, nous pûmes nous échapper et nous réfugier chez une autre famille où se trouvaient déjà 2 autres familles. Je voudrais faire une parenthèse pour parler de Michel, ce lieutenant qui nous a sauvé; avant de nous séparer, il m’a prise à part et m’a dit: «c’est pour elle que je fais cela en risquant ma propre vie». Il a ôté son képi et m’a montré une photo de la vierge Marie. C’est pourquoi j’ai toujours voué mes enfants à Marie.

Les 15 jours suivants furent plus faciles pour nous car nous étions plusieurs ados…..et nous jouions au Monopoly, aux cartes, nous échangions nos pensées….Ce sont les parents qui se débrouillaient pour l’intendance (les hommes rampaient la nuit dans les maisons abandonnées pour trouver des vivres, la mamans se creusaient la cervelle pour faire la cuisine…)

Aujourd’hui, je n’ai pas l’impression d’être isolée. J’ai des enfants qui me téléphonent, des voisins qui proposent de faire mes courses, un ordinateur qui me permet de voir des vidéos, d’échanger avec mes petits-enfants qui sont tellement éloignés, des amis disséminés un peu partout en Europe.

Alors, j’ai de la chance. Mes 2 confinements m’auront beaucoup apporté: j’ai découvert qu’on avait une vie «intérieure», que la solidarité était indispensable à la survie, qu’il y avait autant d’avis qu’il y avait d’individus, ….et je suis devenue un peu plus tolérante….



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