Province de Luxembourg: les hôpitaux préparent la reprise

Des groupes de travail planchent sur la réorganisation de nos hôpitaux, pour une reprise progressive, en attendant les consignes du Fédéral.

Depuis plusieurs jours, les épidémiologistes, tout en restant prudents, parlent de bonnes nouvelles en commentant les chiffres nationaux du coronavirus sur les plateaux des journaux télévisés.

Les hôpitaux de la province suivent cette même tendance: 72 lits occupés par des patients infectés par le Covid-19 lundi, dont 14 seulement en soins intensifs. C’est moitié moins, pour les soins intensifs, qu’au plus fort de l’épidémie, lors du premier week-end d’avril.

Du coup, vous êtes plusieurs à vous demander si vous pouvez enfin reprendre rendez-vous chez votre orthopédiste, votre allergologue, votre endocrinologue ou votre gastro-entérologue.

Encore un peu de patience. «Une chose est certaine, rien ne recommencera avant le 4 mai, commente le dr Didier Neuberg, directeur médical de Vivalia, l’intercommunale des soins de santé en province de Luxembourg.

Rien avant le 4 mai, cela ne veut pas pour autant dire que la reprise des consultations non-urgentes est fixée pour le 5 mai. «Nous sommes en attente des consignes venant du SPF Santé, poursuit le dr Neuberg. On ne peut pas reprendre une activité “normale” sans savoir le nombre de lits que nous devons garder en réserve.»

Une foule de problématiques à régler

En attendant ces consignes, nos hôpitaux ne restent pas les bras croisés. Des groupes de travail pour l’IFAC (Marche-Bastogne), le CHA (Libramont) et les CSL (Arlon) préparent la reprise.

Il y a une foule de problématiques à régler: comment organiser les salles d’attente, les opérations, les chambres… «Il faudra éviter à tout prix qu’un patient infecté se retrouve dans un service “propre”», explique le dr Neuberg.

Le directeur médical de Vivalia prévient, «le monde d’après ne sera plus comme le monde d’avant.»

«On ne pourra plus prendre des rendez-vous à la même cadence qu’avant», pour respecter les règles de distanciation sociale. «On ne pourra plus opérer à la même cadence.» Imaginez une opération en urgence: on ne saura pas si le patient est infecté ou pas par le Covid-19, il faudra donc prendre toutes les précautions comme s’il l’était. Et tout cela, prend du temps.

«Il faudra tenir compte de la fatigue du personnel qui a turbiné beaucoup, ajoute encore le dr Neuberg. On ne le remerciera jamais assez. Le personnel ne pourra pas travailler le double pour rattraper le retard.»

Vivalia espère que le SPF Santé communiquera des consignes plus précises de reprise progressive cette semaine.

Et rappelons-le, les hôpitaux continuent de prendre en charge les cas urgents. Pas d’hésitation donc si vous avez une douleur à la poitrine ou encore si vous sortez d’un épisode confusionnel: prenez surtout la direction de l’hôpital.

 

Les consultations reprennent petit à petit chez les médecins généralistes

Cela fait plusieurs jours que des consultations reprennent chez nos médecins généralistes. Pas toutes les consultations bien sûr, et pas comme «avant».

«Il y a déjà un redémarrage progressif depuis une dizaine de jours, constate le dr Guy Delrée, président de l’association des médecins généralistes de Famenne-Ardenne. Plic-ploc, des consultations reprennent, au ralenti. Par exemple, pour des patients diabétiques ou des patients avec une hypertension mal contrôlée. La population ne peut pas rester sans soins de 1re ligne de manière prolongée.»

Même constat dans le sud de la province avec le dr Christian Mergeai, président de l’association des médecins généralistes du Sud Luxembourg. «Tout doucement, il y a une activité qui reprend pour des problèmes moyennement urgents, comme des maux de dos. Il y a clairement une demande des patients. Et il y a une demande de part et d’autre pour reprendre un suivi des patients souffrant de maladies chroniques. Il y a des problématiques où on demandait aux gens d’attendre. Cela fait plus d’un mois maintenant qu’ils attendent. Le gros de l’épidémie est passé, même si on doit se méfier d’une 2e vague épidémique. »

Bien sûr, pour les patients présentant un ou des symptômes pouvant être lié à une infection au coronavirus, la consultation par téléphone reste et restera de mise.

Au-delà des cas urgents, tout doucement, des généralistes commencent à recevoir des cas semi-urgents.

Les médecins sont prêts à s’adapter et s’adaptent déjà: consultation sur prise de rendez-vous uniquement, demander au patient de porter un masque, hygiène des mains… Même si cela reste le règne de la débrouille pour s’équiper en protections. «Il faut une reprise progressive, prudente et disciplinée», conclut le dr Delrée. Une reprise déjà amorcée.