SAINT-GILLES

«Nique la flicaille et sa cohorte de bouffons»: la conseillère de police saint-gilloise Catherine François démissionne

«Nique la flicaille et sa cohorte de bouffons»: la conseillère de police saint-gilloise Catherine François démissionne

Catherine François n’y est pas allée de main morte dans ses reproches à la police de la zone Bruxelles-Midi. Facebook

La conseillère de police saint-gilloise Catherine François a remis sa démission suite à un post Facebook polémique envers «sa» zone. La mandataire PS réagissait à l’arrestation de son fils, qui aurait été «violenté».

«Nique la flicaille et sa cohorte de bouffons».

Voilà comment Catherine François, conseillère communale PS à Saint-Gilles et Présidente du Foyer Sud, s’en est prise à un inspecteur ce samedi 25 avril dans un post Facebook. Suite au contrôle de son fils, elle cible un membre de la police de proximité UNEUS. Elle n’a pas hésité à le nommer, «pour qu’il puisse savoir que je lui ai acheté une nouvelle paire de couilles». Voilà qui fait tache pour une mandataire qui est aussi... conseillère de police à la zone Midi. Un poste dont on apprend ce lundi dans La Capitale qu’elle en a démissionné.

«Nous aviserons notre juriste»

La réaction outrée de la socialiste doit être comprise «en tant que maman»: elle fait donc suite à l’interpellation, le 8 avril, du fils de Catherine François par une patrouille de police. Le jeune aurait été «violenté». Mais le post se fait aussi plus politique: «Le confinement donne aux flics un pouvoir sans limite et libère des pulsions nazies de certains policiers de la zone Midi qui insultent, humilient, frappent et violent nos jeunes en toute impunité».

 

JAMAIS nous n’accepterons que le(s) mandataire(s) politique traitent les policiers bruxellois d’une telle façon.

 

«Nique la flicaille et sa cohorte de bouffons»: la conseillère de police saint-gilloise Catherine François démissionne
Catherine François est conseillère communale à Saint-Gilles. DR
Ces propos, repris d’abord par Het Laatste Nieuws puis les autres médias bruxellois, ont évidemment enflammé la zone ce dernier week-end. La zone a fait savoir que le jeune homme avait reçu plusieurs PV dans le cadre de la procédure Covid-19. Elle invite aussi la maman à déposer plainte. Deux membres du Syndicat national du personnel de police et de sécurité (SNPS) ont aussi réagi. «Nous aviserons notre juriste pour prendre les démarches à notre niveau», annonce Mario Thys, président du syndicat pour Bruxelles. «JAMAIS nous n’accepterons que le(s) mandataire(s) politique traitent les policiers bruxellois d’une telle façon». Thierry Belin, Secrétaire national, embraye: «Un véritable scandale. Nous attendons impatiemment la réaction de ses responsables de partis à tous les niveaux!»

Celle-ci ne s’est pas fait attendre longtemps. Charles Picqué, Bourgmestre de Saint-Gilles, explique à la DH et à La Capitale que les propos sont «inacceptables», estimant que «des sanctions sont envisageables», comme «une procédure en justice».

 

Le contexte plaide en ma faveur: on nous parle de reprendre le tennis, le golf et les secondes résidences, mais personne ne se préoccupe de la santé mentale des jeunes de nos quartiers

 

Depuis lors, les propos en question ont été retirés et remplacé par un texte édulcoré, où l’élue présente aussi ses excuses à la police de proximité et à ses collègues fonctionnaires, «dont la majorité intègre continue à faire fonctionner le service public dans un contexte rude et anxiogène». Mais sur le fonds, François persiste: «le contexte plaide en ma faveur: on nous parle de reprendre le tennis, le golf et les secondes résidences, mais personne ne se préoccupe de la santé mentale des jeunes de nos quartiers».

«Sale PD, Dumbo, sale handicapé….»

La désormais ex-conseillère de police souhaite encore souligner «deux problèmes»: le premier, «c’est que certains agents se croient tout permis en laissant libre cours à leurs viles pulsions»; le deuxième, c’est «la manière dont l’appareil de l’État banalise la violence». Et Catherine François d’écrire qu’elle a reçu «d’autres témoignages accablants qui corroborent ce climat de peur». Elle assure avoir tenté, «sans succès, depuis deux semaines d’avoir des explications auprès de la Commune mais aussi de la Police sur ces abus». Elle parle ainsi d’insultes («sale PD, Dumbo, sale handicapé….»), mais aussi «de «coups, de fouille intime...». Et de terminer: «Je n’ai pas fait 4 enfants pour leur offrir ce monde-là».

 

Une tension croissante

Ce n’est pas le premier «incident», loin de là, qui émaille le travail des policiers bruxellois dans la tension croissante liée au confinement.

Outre évidemment les émeutes dans le quartier Cureghem à Anderlecht, on peut également citer un déploiement « disproportionné » lors d’une intervention dans les Marolles «pour un jeune qui fume sa clope au bas de chez lui». Ce dernier week-end, un contrôle a dégénéré à Matonge. Enfin, un accrochage entre un migrant soudanais et une patrouille a été relayé par la plateforme citoyenne et a mené à la suspension d’un policier.

 



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