FOOTBALL

Guy Degotte s’en est allé: le football hutois encore endeuillé…

Guy Degotte, une légende de l’ex Union Hutoise, a tiré sa révérence samedi. Une page de l’histoire se tourne.

On va finir par croire qu’une sorcière a jeté un vilain sort au football hutois. Après Pascal Hougardy, l’ancien manager du RFC Huy, c’est cette fois Guy Degotte qui s’en est allé ce samedi. Guy Degotte, c’est un des plus beaux fleurons de l’école des jeunes de ce qu’on nommait encore l’Union Hutoise. Hutois pur jus, l’histoire du club est intimement liée à celui qui restera un de ses plus grands joueurs. À deux jours de son 74e anniversaire, qu’il aurait dû donc fêter ce lundi, c’est d’ailleurs un bout d’histoire de notre foot qui s’en est allé avec son départ.

On vous parle évidemment d’une autre époque. Celle où l’Union Hutoise tutoyait ce qu’il y avait de mieux dans le foot national en D3 ou en promotion. Celle des années 70 avec les Degotte, Pirson, Wilkin, Smal, Collignon et consorts où la rivalité avec le voisin bas-otahois faisait rage. «Guy a joué un grand rôle dans ma vie, commente Roland Docquier. Je suis un peu plus jeune que lui. Mais il a d’abord été mon coéquipier en équipe première, puis un de mes joueurs quand je l’ai pris avec moi à Eghezée et enfin un ami. Je suis resté en contact avec lui jusqu’au bout. C’était un personnage extraordinaire et un joueur de football fantastique. Un des plus grands de l’histoire de l’Union Hutoise. Je jouais centre-avant, lui ailler. Et il me servait des caviars. Même à la 90e minute, il me donnait encore des ballons de but. Il avait une condition physique dingue. J’ai des tas d’anecdotes en ce qui le concerne. Une qui le résume bien, c’est la fois où, dans le vestiaire, tout le monde râlait parce qu’on n’avait pas d’eau chaude. Puis, d’un coup, on en a eu. On a levé la tête. Et c’était… Guy qui nous urinait dessus (rires). Voilà, ça, c’était lui… » Avec un sentiment difficile pour Roland. «Après Pascal Hougardy, c’est un autre coup dur pour nous tous, peste Roland Docquier, triste. Autour de moi, les anciens partent. C’est la vie, mais je prends à chaque fois un coup sur la tête… »

À l’instar d’Antoine Battaglia. L’ex coach de Hamoir fut le coéquipier de Guy Degotte jadis à Braives, en P1. «Guy, c’était le genre de joueurs qui mettait sa tête là où d’autres n’auraient pas mis leurs pieds, sourit Antoine. Je me souviens d’ailleurs d’un match avec Braives où il avait mis une tête comme un fou et on avait dû appeler la civière. Notre coach de l’époque avait alors demandé son changement. Mais une fois qu’il a entendu ça, Guy a sauté de la civière et a repris le jeu comme si de rien était. À la fin du match, on l’a conduit à l’hôpital où… il est resté 3 jours pour une commotion. Je me souviens aussi d’une autre rencontre où il était opposé à Mathieu Crauwels, alors tout jeune, dans un duel entre Braives et Visé comptant pour la P1. Guy lui avait administré un coup de coude. Mais il avait réussi à berner tout le monde au point que c’est Mathieu qui avait été exclu. Ça aussi, c’était Guy. Charmant en dehors, mais un peu roublard sur le terrain… »

Depuis leur époque commune à Braives, Guy et Antoine ne se sont plus quittés. Au point de se retrouver à Warnant, que le second a jadis coaché en P2. «Il avait alors la cinquantaine et venait encore bien s’entraîner avec nous comme ça pour garder la forme, se souvient Antoine. Jusqu’au jour où je ne l’ai, comme de juste, pas sélectionné pour le 1er match de coupe. Il râlait tellement qu’on ne l’a alors plus jamais revu. Il était comme ça: il voulait toujours gagner. Même à la belote ou au billard.»

Avec des fois, des bonnes surprises. «On avait créé une équipe de futsal ensemble et il avait eu la bonne idée de nous inscrire dans un tournoi en France, se souvient Antoine. On y est allé pour le fun alors qu’on était tous vétérans. Mais sur place, on s’est rendu compte qu’il y avait maldonne sur le niveau et qu’il n’y avait que des quasi semi-professionnels. Avec, par exemple, une équipe écossaise qui débarquait en costume-cravate. On pensait prendre des casquettes, mais avec la tactique dingue de Roland Docquier, on a passé les différents tours… et on l’a emporté en finale. Guy et ses surprises… » Samedi, ce fut sa dernière dont notre foot régional se serait bien passé. Ciao Guy!