MARCHE-EN-FAMENNE ET CINEY

Salamander U, des idées fertiles pour des masques stériles

Deux PME, Salamander U à Marche et Solidfog à Ciney, ont développé une solution de décontamination de masques FFP2 en milieu hospitalier.

La guerre des masques est déclarée sur le marché mondial, depuis le début de l’année. Pour remédier à la pénurie, aux malfaçons et aux prix exorbitants de ces précieux protecteurs, la Wallonie a évoqué deux pistes de solutions: la production locale et la décontamination des masques.

Et dans ce deuxième volet, l’initiative purement privée des PME SalamanderU (Marche) et Solidfog (Ciney) risquent de supplanter la concurrence. En effet, elles ont, toutes deux, annoncé ce mercredi la mise au point d’une solution technologique capable de décontaminer 1 000 masques FFP2 par jour pour chaque hôpital. «Cela correspond aux besoins journaliers des hôpitaux dans leurs ailes Covid et soins intensifs», précise Gatien Gillard, responsable marketing et commercial de Solidfog. Une dizaine de machines sont déjà disponibles à Ciney et pourraient être fonctionnelles dès le 3 mai.

3 cycles de 350 masques

La technique avancée consiste en la biodécontamination simultanée par voie aérienne de 350 masques suspendus dans un espace clos. Et ce, en un seul cycle de six heures. «Il s’agit d’une chambre de confinement dans laquelle on envoie un brouillard composé de peroxyde d’hydrogène pour décontaminer les masques.»

Ce brouillard est en réalité une nébulisation à froid, obtenue grâce à la rencontre de gouttelettes de peroxyde d’hydrogène avec de l’air comprimé. «C’est une recette que l’on utilise depuis quinze ans, on l’a simplement adaptée.»

À la fin du cycle, un extracteur enlève le peroxyde d’hydrogène vers un élément catalytique qui divise alors le composé en eau et en oxygène. Le virus a disparu. «Une seule personne suffit, durant deux heures, pour placer et enlever les masques avant et après le cycle, précise Solidfog, tout est pensé pour assurer sa sécurité.»

La PME cinacienne a mis cette technique au point sur base de son expérience de près de quinze ans en décontamination des surfaces dans le milieu pharmaceutique. SalamanderU est quant à elle spécialisée dans la création de chambres de confinement. «Les recherches scientifiques liées aux épidémies précédentes du SRAS et du MERS ont prouvé l’efficacité du peroxyde d’hydrogène dans la bio-décontamination des coronavirus. C’était une base scientifique solide pour commencer les premiers essais», continue Gatien Gillard.

Dernière ligne

Ce vendredi, la solution passera sa dernière étape de validation dans un laboratoire agréé. Il s’agit de vérifier l’absence de détérioration des masques après dix cycles de décontamination au peroxyde d’hydrogène.

Solidfog se dit confiant quant au résultat. «Dans le secteur pharmaceutique, nous avons l’habitude de décontaminer des bactéries souvent plus résistantes que le virus du Covid-19», précise Gatien Gillard.

Au niveau financier, l’installation sera proposée sous forme de location dans les hôpitaux belges, pour un prix significativement inférieur à l’achat d’un masque FFP2 neuf.

À l’étranger, la technique séduit déjà au Royaume- Uni et le marché asiatique. Un aller-retour eurasien, entre la production et la décontamination des masques FFP2.