WALLONIE PICARDE

Proximus a désactivé la 5G à Tournai

Proximus a désactivé la 5G à Tournai

Début avril, Tournai découvrait qu’elle faisait partie des villes couvertes par la 5G. -

Proximus a désactivé la 5G qu’elle venait d’imposer à la ville de Tournai. Mais à Frasnes et Brugelette, ça reste d’actualité.

Le mercredi 1er avril, la ville de Tournai découvrait qu’elle faisait partie des trente communes couvertes par la 5G de Proximus. Trois semaines plus tard, Tournai a disparu de la carte de Proximus, au contraire des communes de Frasnes-lez-Anvaing et de Brugelette qui y figurent encore.

Proximus a désactivé la 5G à Tournai
Depuis quelques jours, Tournai a disparu de la carte des zones desservies par la 5G. -

En Wallonie, des communes comme Ottignies/Louvain-la-Neuve et Chatelet avaient déjà exigé et obtenu l’interruption du déploiement du réseau 5G sur leur territoire.

À Tournai, aucune demande n’a été formulée en ce sens par le collège communal. «Mais j’ai rédigé à l’adresse de Proximus une lettre au picrate, un coup de gueule contre une manière de fonctionner qui n’est pas correcte», nous dit le bourgmestre, Paul-Olivier Delannois. «La manière avec laquelle Proximus a communiqué avec les communes est tout simplement scandaleuse. La façon insidieuse d’indiquer que Proximus aurait contacté, au préalable, les communes à ce sujet, me met hors de moi parce que ça me fait passer pour un menteur».

Seule une déclaration de classe 3 a été introduite auprès de la commune. «Un document exclusivement technique dans lequel on ne voit même pas apparaître le terme 5G».

En l’état actuel des choses, le collège communal a questionné les instances régionale et fédérale; aucune réponse n’avait encore été reçue ce lundi. «La commune n’a pas de quelconque avis à remettre sur la question, elle n’a pas à dire oui ou non, mais elle a le droit d’avoir toutes une série d’éclaircissements. Je ne suis pas contre la 5G par principe, cette technologie a des avantages et des inconvénients. Mais les citoyens se posent légitimement beaucoup de questions, notamment des questions d’ordre sanitaire, et ils ont le droit d’avoir des réponses».

«Un timing déplorable»

Écolo Tournai, partenaire de majorité, déplore également le manque d’informations et de concertation sur la question. «Le timing choisi par l’IBPT pour lancer son enquête publique, en pleine crise sanitaire, au moment où les forces vives sont occupées par le Covid-19, est déplorable, et il y a une manipulation scandaleuse de la part de Proximus», indique Caroline Mitri. Comme ses collègues d’Écolo, l’échevine de l’environnement exige qu’une réflexion puisse être menée en rapport avec la Déclaration de politique régionale, quant aux questions liées à la santé, à l’environnement, à la protection de la vie privée, aux enjeux économiques, etc.

Les élus communaux, régionaux et fédéraux d’Écolo ont demandé que soit stoppée la procédure en cours selon le principe de précaution, après une évaluation de la 5G sur base d’une étude d’incidences. «La locale d’Écolo Tournai a demandé à l’IBPT d’arrêter la procédure en cours. On ne peut pas ainsi confisquer un débat sociétal nécessaire à cette nouvelle technologie».

30% plus rapide que la 4G+

Haroun Fenaux confirme que plusieurs communes ont obtenu la suspension du déploiement de la 5G sur base de demandes formelles. «Mais Proximus n’abandonne pas pour autant la 5G dans notre pays, notre ambition est de couvrir l’ensemble du territoire», nous dit le porte-parole de Proximus. «Nous avons déjà apporté des réponses aux questions et inquiétudes formulées par des bourgmestres et échevins».

M. Fenaux concède que plusieurs communes ont été surprises par le lancement de la 5G avant l’obtention par Proximus d’une licence pour le faire. «Ce qu’il faut comprendre, c’est que pour le réseau 5G tel qu’il a été déployé, nous utilisons la technologie déjà existante en libérant des espaces sur nos antennes: il s’agit des mêmes émissions électromagnétiques, des mêmes antennes, des mêmes fréquences, etc.»

Pourquoi l’appeler 5G alors? «Parce que c’est une réelle étape en direction de la 5G qui, à terme, offrira des latences courtes, des vitesses extrêmement élevées et la possibilité de développer tous les objets connectés».

Proximus estime que la vitesse de téléchargement au sein de son réseau 5G actuel, appelé à monter en puissance, est 30% plus rapide qu’avec une connexion 4G+ (le réseau 4G avait déjà été boosté depuis 2016 sur base des antennes actuelles). On est encore fort loin de la vitesse de surf en 5G qui, à terme, devrait pouvoir atteindre jusqu’à dix fois celle des réseaux 4G existants.

Quant aux impacts sur la santé humaine, voire sur l’environnement, Proximus insiste sur les normes qui en Région wallonne sont beaucoup plus restrictives que celles préconisées par l’OMS.