ANDERLECHT

La famille d’Adil, tué à Anderlecht, demande la désignation d’un juge d’instruction

La famille d’Adil, tué à Anderlecht, demande la désignation d’un juge d’instruction

Des émeutes ont éclaté à Anderlecht samedi et dans la nuit de samedi à dimanche. BELGA

L’avocat de la famille d’Adil, un jeune homme décédé à l’issue d’une course-poursuite avec la police vendredi soir à Anderlecht, a demandé au parquet de Bruxelles la désignation d’un juge d’instruction pour enquêter sur les circonstances de l’accident.

«En tant qu’avocat de la famille, je demande que le parquet mette ce dossier à l’instruction, sans que la famille ne doive effectuer cette démarche. Un juge d’instruction doit être désigné, qui est un juge indépendant pouvant instruire à charge et à décharge. Dans ces circonstances concernant la mort d’un jeune impliquant des policiers, il faut que ce soit un juge d’instruction qui mène l’enquête en toute indépendance», a déclaré lundi Me Alexis Deswaef. Deux dossiers sont actuellement ouverts au parquet de Bruxelles, l’un pour entrave méchante à la circulation et l’autre pour l’accident de roulage.

Vendredi soir vers 21h00, une patrouille de la zone de police Bruxelles-Midi a pris en chasse deux jeunes hommes en scooter, au niveau de la place du Conseil à Anderlecht, lesquels avaient pris la fuite en les voyant venir vers eux. Une autre patrouille de police, appelée en renfort, est alors arrivée en voiture en sens inverse, sur le quai de l’Industrie.

L’un des scooters a dépassé une camionnette, selon le parquet, et s’est donc retrouvé face au véhicule de police. Il l’a percuté de plein fouet. Le conducteur du scooter, un jeune Anderlechtois prénommé Adil, âgé de 19 ans, est décédé sur le coup.

À la suite de ces faits, des émeutes ont éclaté à Anderlecht samedi et dans la nuit de samedi à dimanche, provoquant d’importants dégâts sur des véhicules, des bâtiments de la police et du mobilier urbain. Une centaine de personnes a fait l’objet d’une arrestation, pour la plupart administrative.

Le syndicat socialiste réclame des excuses de Pascal Smet

Le syndicat socialiste CGSP/ACOD réclame des excuses du secrétaire d’État bruxellois Pascal Smet pour son message sur la course-poursuite de vendredi et les émeutes du week-end dernier à Anderlecht. Le syndicat a réagi avec «indignation et incompréhension» au message posté par M. Smet sur sa page Facebook. Le syndicat libéral (SLFP) avait déjà critiqué dimanche l’intervention du secrétaire d’État.

Dans un message sur Facebook, Pascal Smet (one.brussels-sp.a) se posait des questions sur la course-poursuite de la police qui a mené à la mort d’un jeune homme de 19 ans d’Anderlecht. Il se demandait notamment si le contrôle était une véritable priorité pour la police. S’il condamnait bien les émeutes, il indiquait que ce n’était pas la première fois que cela arrivait à Anderlecht. «Et quand des dizaines de jeunes se mettent à s’attaquer à la police, c’est qu’il y a quelque chose de grave. Une rupture de confiance. De la défiance. De l’incompréhension. Et carrément de la haine. Et ce des deux côtés. Parce que c’est bien ça la situation à Cureghem. En lutte. Ces émeutes ne sont-elles pas pour certains comme un appel, un cri pour attirer l’attention?», disait-il dans son message.

Tout comme le syndicat libéral, le syndicat socialiste CGSP-Admi et l’aile néerlandophone ACOD LRB Politie sont mécontents des déclarations de Pascal Smet. «Quelle que soit la façon dont vous le lisez, vous ne pouvez pas vous empêcher d’interpréter que, selon le secrétaire d’État, la police est responsable de la mort d’Adil. Nous ne comprenons pas cette interprétation. Les policiers ont fait leur travail, quand quelqu’un essaie d’échapper à un contrôle, il y a une raison à cela», souligne le syndicat.

«Les policiers ne méritent pas que le secrétaire d’État veuille maintenant mettre la mort du garçon sur leur responsabilité. Malgré le fait que le secrétaire d’État cite que la justice doit faire son travail, il ne peut pas s’empêcher de rendre son verdict sur l’action de la police. Il fait ainsi le jeu des jeunes qui ont provoqué les émeutes. Ils obtiennent de Pascal Smet la confirmation que les actions de la police n’étaient pas correctes», ajoute le syndicat.

«Cher secrétaire d’État, la seule chose sensée à faire maintenant est de vous excuser auprès de la police pour votre réaction. Mais présentez aussi vos excuses à la famille d’Adil dont vous profitez pour traîner la police dans la boue», réclame le syndicat.


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