Huy

Au Centre hospitalier régional de Huy, les admissions Covid-19 à la hausse aux soins intensifs

Au Centre hospitalier régional de Huy, les admissions Covid-19 à la hausse aux soins intensifs

Christophe Levaux voit les admissions se stabiliser en unité Covid-19. Par contre, la pression augmente sur les soins intensifs. Heymans

La direction médicale du Centre hospitalier régional de Huy fait le bilan après un mois d’unité Covid-19.

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Le dimanche 15 mars 2020 restera à jamais une date tournant dans la carrière du directeur médical du Centre hospitalier régional de Huy. «Nous avons débuté la création du plateau Covid-19 en réquisitionnant l’espace de trois services: la chirurgie orthopédique, la clinique du sommeil et la clinique de la douleur, se souvient Christophe Levaux. Il a fallu les vider des patients. Et ensuite dédoubler les urgences, la radiologie, la pédiatrie, et les soins intensifs. Tout cela en trois jours! Le 18 mars, on avait déjà plus d’une dizaine de patients hospitalisés dans notre unité Covid-19. Nous avons déploré notre premier décès à la mi-mars. Il y a trois catégories de décès: les 80-90 ans; les fin 50-70 ans qui souffraient déjà de lourdes pathologies style diabète et éthylisme sévère; et un jeune de 40 ans atteint d’un cancer et qui était en phase terminale.»

Dans la balance positive, parce qu’elle aide à entretenir le moral des troupes, le CHRH a enregistré une première guérison le 23 mars et la première sortie d’un patient des soins intensifs quelques jours plus tard.

Éviter une surmortalité… non Covid-19

Un mois après la création de l’unité Covid 19, le personnel de première ligne de l’hôpital hutois tourne toujours à plein régime même si la courbe des admissions tend à se lisser vers la stabilisation. Une évolution rassurante après le pic constaté lors de la deuxième semaine d’activité où deux tiers des lits du plateau étaient occupés. «Par contre, on déplore l’augmentation quotidienne des admissions aux soins intensifs. Le service est occupé à moitié, mais cette augmentation nous inquiète même si on sait qu’elle est liée à la longue présence indispensable du patient en soins intensifs par rapport aux trois à dix jours en unité Covid-19. On voit aussi arriver en soins intensifs des patients directement des urgences, et qui sont bien souvent des résidents de maisons de repos.»

La mise à disposition du matériel de protection conforme (masques, blouses) reste une préoccupation. «On s’inquiète aussi d’une baisse de fréquentation de moitié de nos urgences classiques pour un infarctus, un AVC… On a peur d’une surmortalité non Covid-19. Ces personnes à risque ne doivent pas avoir peur de venir aux urgences. On a un couloir propre séparé des urgences Covid-19», termine le directeur médical du CHRH.

«Le CHRH démontre toute son utilité»

Directeur général du Centre hospitalier régional de Huy, Jean-François Ronveaux ne cache pas sa grande satisfaction devant la motivation de l’ensemble du personnel hutois impliqué dans la gestion de la crise du coronavirus. «À nos détracteurs, j’ai envie de dire que le CHRH démontre toute son utilité dans un contexte comme celui-ci. On a notre place en termes de santé publique!»

Certains avaient pointé du doigt la mise au chômage temporaire d’une partie du personnel, la direction se retranchant alors derrière l’argument d’une réserve d’agents à conserver en background. «Il n’y a quasi plus de chômage temporaire dans le personnel soignant, considère le directeur général. Par contre, chez les kinés, les équipes tournent en rotation. Et les secrétaires médicales ont moins de boulot avec la déprogrammation de 2 400 consultations, opérations et examens. Il n’y a pas eu de révolution. Tout comme il n’y a pas plus d’absentéisme significatif en cette période anxiogène. Au contraire même.»

À l’attention portée à la santé du personnel et des patients, viendront s’ajouter les préoccupations pour celle, financière celle-là, du CHRH. «Cette crise sanitaire viendra plus que grever nos finances, anticipe Jean-François Ronveaux. Les consultations ont baissé de 70% et le taux d’occupation de l’hôpital est de 35% aujourd’hui. Le fédéral a annoncé prévoir 1 milliard d’euros pour les hôpitaux, encore faudra-t-il voir comment ils seront répartis. Idem pour le soutien de la Région via l’AViQ. Est-ce que ces aides combleront toutes ces dépenses totalement justifiées évidemment?»



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