3 raisons de se méfier de la vidéoconférence

3 raisons de se méfier de la vidéoconférence

Soudainement pris d’assaut par les confinautes, les Internautes confinés, les outils de vidéoconférence sont loin d’être sans danger. Zoom

Piratage et pillage de vos images font partie des risques majeurs des outils de vidéoconférence.

L’isolement social et professionnel replace la vidéoconférence sur le devant de la scène. WhatsApp, FaceTime ou encore Facebook Messenger accueillent l’apéro virtuel ou la réunion de travail.

Dans cette frénésie de visioconférence, deux applications américaines grimpent en flèche. Houseparty mise sur les options festives, rigolotes. Zoom est un outil professionnel détourné de ses usages natifs. Exemple: le logo Zoom est omniprésent dans les quiz et les débats en ligne orchestrés et relayés par les médias.

Prudence, les deux plates-formes sont sous le feu des critiques ces dernières heures. Elles incarnent à elles seules les 3 dangers de la vidéoconférence:

- Le respect des données

- Le cryptage laxiste

- Le piratage

Focus sur Zoom

On a rarement assisté à un tel déferlement de critiques et d’avertissements dans un si court laps de temps.

Gratuit dans sa version d’évaluation limitée, Zoom est attaqué sur les 3 fronts :

- La version iOS (iPhone, iPad) de l’application envoie régulièrement des informations à Facebook, même si le propriétaire ne possède pas de compte sur le réseau social.

- Les flux audio et vidéo des vidéoconférences ne sont pas cryptés de bout en bout, contrairement à ce qu’affirme la société.

- Les tentatives de piratage se multiplient, au point de forcer Zoom a stoppé le développement de nouvelles fonctionnalités pour se concentrer sur la sécurité.

3 raisons de se méfier de la vidéoconférence
L’entreprise américaine Zoom essaie de répondre tant bien que mal aux critiques qui s’abattent sur elle. Zoom

Ces missiles sont lancés par des chercheurs en sécurité de différents labos et cabinets mondiaux. Zoom commence à corriger le tir et la dernière version de l’application supprimerait la collecte des données au profit de Facebook.

Houseparty l’indiscret

La politique de confidentialité de Houseparty fait grincer des dents. L’entreprise s’abroge par exemple le droit «d’utiliser le contenu de toutes les communications passées via ses services, dont toute idée, invention, concept ou techniques», dans le but notamment «de développer, de concevoir ou de vendre des biens et services».

Bref, évitez d’évoquer votre invention révolutionnaire en réunion via Houseparty, l’équipe de l’application pourrait s’en emparer.

Si l’exemple est caricatural, il est dans l’absolu plausible. Il est au minimum le témoin d’une politique très particulière qui prend à la légère le RGPD (Règlement général sur la protection des données) de l’Union européenne.

Si vous demandez à Houseparty d’effacer vos données, la plate-forme vous annonce qu’elle pourrait en conserver arbitrairement une partie. Ce qui est contraire à l’article 17 du RGPD dédié au droit à l’effacement.

3 raisons de se méfier de la vidéoconférence
Vous voulez que Houseparty efface vos données? La société US se réserve le droit d’en conserver une partie, comme le signale sa politique de confidentialité. Twitter

Les risques

Les failles de Zoom et Houseparty en particulier, voire des applications de vidéoconférence en général, devraient au minimum vous inviter à une certaine prudence au moment de communiquer avec vos collègues ou vos amis. Que ce soit dans vos propos ou l’image que vous donnez de vous-même.

«Si vous êtes une entreprise par exemple et que vous comptez échanger des informations secrètes sachez que Houseparty et Zoom peuvent accéder à vos conversations», dénonce Suzanne Vergnollen doctorante en droit et spécialiste de la protection des données personnelles, dans cet article du site franceinfo.

3 raisons de se méfier de la vidéoconférence
Que ce soit sur Houseparty ou une autre appli de visioconférence, gardez toujours à l’esprit que les flux audio et vidéo peuvent être détournés. Internet

En marge du comportement intrusif des applications elles-mêmes, des intrus peuvent pirater, écouter, regarder et enregistrer les flux audio et vidéo. En ligne de mire: le détournement d’informations confidentielles ou le chantage.

L’expert en cybersécurité Check Point Research explique aussi que Zoom laisse trop facilement des inconnus s’inviter contre votre gré dans votre vidéoconférence, avant de diffuser des images pornographiques ou de proférer des insultes racistes.