BRUXELLES

Un premier centre bruxellois pour l’usage de drogues en grande précarité ouvrira en 2025 à Tour & Taxis

Un premier centre bruxellois pour l’usage de drogues en grande précarité ouvrira en 2025 à Tour & Taxis

Le centre pour la consommation de drogue se situera à l’emplacement actuel de deux hangars «vétustes» (en bleu). sau.brussels - Reporters

Un Centre pour l’usage de drogues «en grande précarité» s’ouvrira en 2025 à Bruxelles, dans le quartier de Tour & Taxis. La Région lance ce 6 avril son appel à projet. Il s’agira de bien plus qu’une simple «salle de shoot».

Un Centre Intégré pour l’usage de drogues en grande précarité va être construit à Bruxelles. Celui-ci sera érigé au N°55 de l’avenue du Port, à côté du siège du Port de Bruxelles dans le quartier de Tour & Taxis.

La SAU, Société d’Aménagement Urbain, publie ce 6 avril un marché public européen (lire cadrée) pour désigner l’équipe pluridisciplinaire qui pilotera la conception et le chantier de ce centre qui se propose devenir davantage que la «salle de shoot», comme on en trouve déjà à Liège depuis septembre 2018. Ce projet se trouve dans l’accord de majorité bruxellois. L’ouverture est prévue en 2025.

«Il s’agira d’un “centre intégré à très bas seuil d’accès”», précise le Ministre-Président bruxellois Rudi Vervoort (PS) dans un communiqué. Cela signifie d’une part «qu’il acceptera les usagers sans condition, dans l’anonymat, en offrant une gratuité des services, en assurant un accueil 24h/24 et 7j/7, avec un accueil spécifique destiné aux femmes». Et d’autre part, «qu’il permettra la combinaison des services et des approches: accueil, soins, travail psychosocial, hébergement, insertion socioprofessionnelle...» Vervoort espère voir l’endroit devenir «un véritable centre de référence en assuétudes, en soutenant également la recherche et l’innovation sociale en santé».

D’autres salles de consommation

Le Gouvernement s’engage en sus à mettre en place «une véritable politique de réduction des risques vis-à-vis des consommateurs potentiels ou usagers de drogues, alcool compris». C’est pourquoi le communiqué de ce 6 avril annonce que les autorités régionales soutiendront la création de salles de consommation à la liégeoise, dites «salles de consommation à moindre risque (SCMR)». Ce type d’installations se retrouve déjà dans quelque 90 villes d’Europe. Leur opérateur à Bruxelles sera l’ASBL Transit, qui travaillera depuis le nouveau centre intégré.

«Ce projet à une double vocation sociétale et urbaine», se félicite Alain Maron, ministre en charge de la Santé et de l’Action sociale (Écolo), qui exerce aussi la tutelle sur le Port. «Il va permettre au Port de Bruxelles de redéployer ses services de manière plus fonctionnelle sur son implantation historique. Il constitue par ailleurs une concrétisation supplémentaire d’un nouvel équilibre urbain puisqu’il va optimiser l’utilisation du terrain disponible, améliorer la qualité des espaces publics et renforcer la diversité des fonctions».

C’est la SAU qui sera maître d’ouvrage, soulignant par là sa «polyvalence», selon les mots de son directeur Gilles Delforge. Elle travaille pour ce faire «en étroite concertation» avec Bruxelles Prévention et Sécurité, qui finance l’ensemble du projet à hauteur de 12,3 millions d’euros. Le Port a cédé le terrain par bail emphytéotique.

5.000m2

Avant de voir s’ériger le Centre Intégré bruxellois pour l’usage de drogues, il faudra d’abord démolir deux bâtiments «vétustes» de l’avenue du Port. Le projet porte sur 5000m2, dont 4000 seront consacrés au centre proprement dit. Les 1000 autres resteront à l’usage du Port.

«La procédure de sélection des équipes d’architectes se déroulera en deux phases», précise la SAU. «Dans une première phase, la SAU retiendra 3 à 5 candidats maximum, qui seront appelés à remettre une offre. Dans une deuxième phase, la SAU départagera les candidats».