PESTE PORCINE

PPA: vers un retour des chasseurs et des promeneurs en forêt?

PPA: vers un retour des chasseurs et des promeneurs en forêt?

Retourner se promener en forêt, en zone PPA? Le comité scientifique de l’Afsca n’y est pas opposé, moyennant des conditions à respecter. -

Le comité scientifique de l’Afsca estime que des mesures peuvent être assouplies en zone PPA. Reste à voir si la ministre suivra.

Les exploitants forestiers, moyennant toute une série de conditions à respecter, peuvent retravailler en forêt en zone infectée par la peste porcine africaine. Se dirige-t-on aussi vers un assouplissement des mesures pour les promeneurs et chasseurs? C’est possible.

Le comité scientifique de l’Afsca, dans un avis, estime que certaines mesures peuvent être assouplies. Reste à voir si ces recommandations seront coulées dans le prochain arrêté ministériel, à la mi-mai. En attendant, les interdictions restent de mise.

Sur chemins empierrés et balisés

Pour les promeneurs, que dit le comité? Il recommande le respect de quelques conditions essentielles: telles que le changement de vêtements et de chaussures après une promenade dans les bois, rester sur les chemins empierrés et ne pas s’introduire profondément dans les bois, excepté sur des sentiers balisés reconnus.

Il recommande aussi d’interdire la présence de chiens lors de promenades en zone contaminée.

Affût, approche ou battue silencieuse

Pour la chasse, le comité scientifique recommande de ne réautoriser actuellement que la chasse aux autres espèces animales que le sanglier. Et que les types de chasse autorisés soient les moins dérangeants possible pour les sangliers (chasse en battue silencieuse, chasse à l’affût, chasse à l’approche), avec présence interdite de chiens lors de ces chasses.

Il recommande par ailleurs que les activités liées aux préparations et réparations nécessaires à la prochaine saison de chasse soient conditionnées au respect de mesures de décontamination des vêtements, des bottes/souliers et pneus des véhicules qui auraient pénétré profondément en forêt.

Il est également recommandé de dispenser une formation à la biosécurité aux chasseurs et aux personnes accompagnantes pendant la chasse.

Pas d’assouplissement pour les céréales

Pour les agriculteurs qui cultivent des céréales en zones PPA, le comité scientifique de l’Afsca ne recommande pas de mesures d’assouplissement (interdiction d’utilisation en alimentation porcine, mesures pour empêcher toute contamination croisée…).

Rappelons qu’il s’agit bien là d’un avis du comité scientifique de l’Afsca, et pas de décisions ministérielles.

Et cet avis du comité scientifique n’est valable que dans les conditions actuelles de l’épidémie de PPA.

La découverte de toute carcasse fraîche positive à la PPA remettrait tout en cause. La dernière remonte au 11 août 2019. Il s’agissait d’un sanglier tiré près de Saint-Léger.

Depuis lors, seulement six ossements anciens, viropositifs, ont été retrouvés, portant le total de cas positifs à 833, en date du 30 mars.

Un assouplissement dans le futur arrêté?

L’actuel arrêté ministériel interdisant la circulation en forêt en zone PPA court jusqu’au 15 mai. Est-ce que le futur arrêté ministériel intégrera les mesures d’assouplissement envisagées par le comité scientifique de l’Afsca? «Cet avis est un signal positif, c’est un avis qui compte, mais c’est un avis parmi d’autres, rappelle Nathalie Guilmin, du cabinet de la ministre wallonne Céline Tellier, en charge de la gestion de la crise PPA. La task force PPA doit encore se réunir (virtuellement). La volonté est bien de rouvrir la forêt dès qu’on le pourra.»

Ce n’est de toute façon pas à l’ordre du jour, avant le 16 mai, date d’entrée en vigueur du futur arrêté.

Des incertitudes

Signalons que le comité scientifique de l’Afsca a aussi identifié plusieurs incertitudes scientifiques «rendant l’évaluation du risque plutôt basée sur une absence d’évidences que sur des faits avérés.»

Ces incertitudes? – le nombre exact de sangliers avant le début de l’épidémie et le nombre de sangliers restant. – le statut de séropositivité envers la PPA des sangliers vivant encore dans la zone contaminée et leur rôle potentiel comme porteurs et excréteurs du virus (infectés persistants). – la persistance de l’infectiosité du virus dans les cadavres et les os de sangliers ainsi que dans les différents types de matrices végétales pouvant servir d’aliments pour les porcs. – la datation des cadavres et des os de sangliers.

L’avis du comité scientifique de l’Afsca est consultable sur www.afsca.be/comitescientifique/avis/2020/