CORONAVIRUS

Dans le cœur du Hainaut, des hôpitaux arrivent à saturation

Dans le cœur du Hainaut, des hôpitaux arrivent à saturation

La saturation est atteinte dans certains hôpitaux du groupe Jolimont, où des transferts de patients s’opèrent d’un site à l’autre. BELGA

La capacité des hôpitaux situés dans la province de Hainaut est globalement proche du point de saturation. Les transferts de patients entre structures d’un même réseau permettent cependant une régulation des hospitalisations.

 

 

 

 

Ces derniers jours, un pic d’hospitalisations liées au coronavirus a été constaté au niveau national. Ce mardi, le dernier rapport de la situation épidémiologique du coronavirus faisait état de 5572 admissions à l’hôpital depuis le 15 mars et de 485 sur la seule journée de lundi.

Autre élément marquant concernant la province du Hainaut: une nouvelle confirmation que Mons-Borinage était le principal foyer wallon de la pandémie de Covid-19. Mons comptabilise entre 255 et 478 cas, selon les chiffres compilés par l’institut de santé Sciensano.

Dans le cœur du Hainaut, des hôpitaux arrivent à saturation
Mons est la commune où le plus grand nombre de personnes ont été testées positives au Covid-19. Sciensano

Autour de Mons, les communes boraines et du Centre apparaissent également comme plus infectées en moyenne que le reste de la Wallonie. Une situation qui peut engendrer des craintes quant à la capacité qu’ont encore les hôpitaux de la région à accueillir de nouveaux patients Covid-19. On fait le point par groupes et réseaux hospitaliers.

Epicura: on maîtrise grâce aux transferts

Le groupe hospitalier Epicura – implanté à Hornu, Baudour et Ath – fonctionnait mardi presque à pleine capacité. «Dès le début de la crise, nous sommes passés de 23 places aux soins intensifs à 37. Nous avons par ailleurs créé sept unités “Covid” sur nos trois sites, soit des chambres individuelles pour 15 à 18 patients par unité», explique la porte-parole d’Epicura, Delphine Cauchies.

 

 

L’établissement parvient à «maîtriser la situation» grâce aux transferts mis en place au sein du réseau Phare qui comprend Epicura, le CHR Haute Senne à Soignies et le CHwapi à Tournai.

«Le but est de répartir la charge et de garder une capacité réflexe dans les hôpitaux d’Epicura pour pouvoir accueillir les cas urgents. Des transferts peuvent par ailleurs être réalisés vers d’autres zones, Bruxelles ou Namur, par exemple. Il est clair que les urgences classiques, hors Covid, restent accessibles.»

CHU Ambroise Paré: encore de la marge

La capacité d’accueil n’était pas non plus encore atteinte mardi au CHU Ambroise Paré à Mons où quatre unités, soit 120 lits, sont réservées pour les patients atteints du Covid 19. «Certaines unités ne sont pas encore activées», a spécifié France Brohée, au nom du CHU montois.

CHU Tivoli: sous contrôle

Du côté du CHU Tivoli à La Louvière, on annonçait une situation «sous contrôle». «Nous avons enregistré une forte croissance depuis le week-end dernier», a indiqué la porte-parole de l’hôpital, Cynthia Colson.

«C’est assez tendu au niveau des soins intensifs mais nous ne sommes pas à saturation. Une organisation de répartition est, par ailleurs, mise en place avec nos collègues de Jolimont et d’Ambroise Paré à Mons».

Jolimont: Saint-Joseph sature

Le groupe Jolimont évoquait, pour sa part, une saturation sur son site de Mons (Saint-Joseph, qui compte 16 lits Covid-19) alors que des places sont encore disponibles dans les implantations de La Louvière (22 lits) et de Nivelles. «Nous constatons cependant une légère inflexion au niveau des admissions», a indiqué Sophie De Norre, responsable de la communication du groupe hospitalier.

De son côté, le docteur Pierre Hénin, chef de service des soins intensifs, a souligné lors du JT de RTL que le plan de répartition des lits en province de Hainaut n’était pas suffisant, la distribution des patients étant effectuée entre hôpitaux proches de la saturation. Dans différents médias, il a plaidé pour la mise sur pied d’un plan de répartition au niveau national.