Vendus en ligne et sans Google, l’impossible pari des nouveaux téléphones Huawei

Vendus en ligne et sans Google, l’impossible pari des nouveaux téléphones Huawei

Huawei rivalise d’ingéniosité pour doper les performances de ses téléphones, plombés par essence par l’interdiction d’intégrer les services Google. AFP

Le confinement s’ajoute aux difficultés de Huawei, toujours contraint de composer sans Google et ses applications.

C’est le principe de la double peine. Huawei bute sur deux obstacles majeurs à l’heure de distribuer en Belgique ses nouveaux smartphones: le confinement et l’interdiction d’intégrer les services Google.

Le calendrier des sorties est aussi chargé que compliqué:

- Mate Xs (2499€) dès ce lundi 30 mars.

- P40 (799€) et P40 Pro (999€) à partir du mardi 7 avril.

- P40 Pro+ (1399€) à partir de juin.

Jusqu’à la levée des mesures censées contrer l’épidémie de coronavirus, la commercialisation de ces téléphones est délocalisée «en ligne chez Krëfel, Vandenborre, Fnac et Exellent».

L’après Google

Si cet écueil temporaire touche tout le secteur, force est de constater que l’absence de Google est un tout autre défi pour le fabricant chinois.

Après avoir écoulé au compte-gouttes son Mate 30 Pro sur notre territoire, Huawei franchit un cap. Le colosse asiatique se prépare à distribuer à grande échelle des smartphones haut de gamme privé des Google Mobile Services.

C’est au mieux optimiste, au pire suicidaire.

Pour le formuler autrement, est-il raisonnable de vendre contre 2499€ un téléphone privé de YouTube, Google Maps, Google Drive et consorts?

Banni par Trump

Piqûre de rappel, Huawei est dans la tourmente depuis le 16 mai 2019. Accusée d’espionnage par l’administration Trump, la firme n’est plus autorisée depuis cette date à exploiter des technologies américaines. Parmi celles-ci: la version complète du système d’exploitation mobile Android, de Google.

Le test frustrant

C’est un sentiment d’immense gâchis qui domine une fois que l’on prend en main le Mate Xs.

Technologiquement parlant, le deuxième smartphone pliable de Huawei est une petite bombe. Plié, il fait office de smartphone classique d’une diagonale d’écran de 6,6 pouces. Déplié, il décuple le confort et s’impose comme une tablette de poche. Dans ces conditions, la surface d’affichage est généreuse et donne directement envie de lancer une vidéo YouTube ou Netflix pour en profiter.

Sauf que… Les applications YouTube et Netflix ne sont pas disponibles sur AppGallery, le magasin d’applications de Huawei appelé à remplacer le Google Play Store. Débourser une telle somme astronomique et être dans l’impossibilité de lancer aisément une vidéo, ça fait tache.

Vendus en ligne et sans Google, l’impossible pari des nouveaux téléphones Huawei
L’écran pliable du Mate Xs est une démonstration du savoir-faire technologique de Huawei, bien en mal de proposer assez d’applications via son magasin AppGallery. Huawei

Certes, il est possible de prendre la direction du site web de YouTube.

Certes, Huawei promet de doper tant et plus le développement de son AppGallery et de son écosystème Huawei Mobile Services.

Hélas, ces solutions de fortune et ces promesses de lendemains qui chantent ne comblent pas les failles à court terme.

Parmi les absences, celles des applications de navigation comme Google Maps et des applications bancaires belges sont les plus douloureuses.

Dès le 7 avril, les nouveaux P40 et P40 Pro souffriront des mêmes limites que le Mate Xs. Même si nous n’avons pas encore eu l’occasion de le tester, le P40 Pro s’annonce fabuleux en photographie. Mais l’absence des services Google risque à juste titre de plomber la carrière de ce téléphone à haut potentiel photographique.

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Les performances photographiques des Huawei P40 Pro et P40 Pro+ sont prometteuses. Huawei