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Un élève de la FWB sur deux reçoit de la nouvelle matière à la maison, dénonce le CEF

Un élève de la FWB sur deux reçoit de la nouvelle matière à la maison, dénonce le CEF

Monkey Business – stock.adobe.com

Un sondage mené par le Comité des élèves francophones (CEF) révèle que près de la moitié des élèves sondés en Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB) reçoivent de la nouvelle matière à étudier à la maison et ce, malgré l’interdiction du gouvernement.

Le CEF pointe du doigt l’apprentissage comme vecteur d’inégalités lorsqu’il n’est pas assuré de manière équitable.

Afin de vérifier le respect des consignes envoyées aux établissements scolaires par le gouvernement, le CEF a interrogé 1.139 élèves de l’enseignement secondaire entre le 20 et le 25 mars, au moyen d’un sondage en ligne.

Si elle autorise le travail à domicile sous la forme d’exercices de remédiation, de consolidation et de dépassement, la circulaire du gouvernement interdit formellement la nouvelle matière «dans un souci d’assurer une égalité devant les apprentissages». Or, les résultats du sondage montrent que sur les 1.139 élèves sondés qui reçoivent du travail à domicile, 537 d’entre eux – soit près d’un élève sur deux – reçoivent de la nouvelle matière.

Le CEF regrette également que, malgré le fait que la circulaire stipule que les travaux à domicile doivent rester exclusivement formatifs, 17 élèves ont indiqué avoir des devoirs notés à rendre et/ou sont soumis à des interrogations cotées.

Trop longs, trop flous

L’organisation de jeunesse rappelle que la circulaire précise que les travaux ne doivent être ni trop conséquents, ni chronophages. Cependant, 34% des élèves indiquent ne pas être satisfaits du travail reçu à domicile et «expliquent principalement leur mécontentement par le fait qu’ils et elles reçoivent beaucoup trop de travail (mentionné à 94 reprises). Vient ensuite le fait que ces travaux ne sont pas accompagnés d’explications suffisamment claires et compréhensibles (mentionné 68 fois).»

Également, le CEF dénonce les inégalités entre élèves face au travail à domicile. En effet, trois élèves sur quatre reçoivent leurs exercices via une plateforme numérique. Pourtant, tous ne disposent pas de l’équipement nécessaire (ordinateur, tablette, imprimante, scanner,…) et se retrouvent donc pénalisés. Par ailleurs, certains élèves se retrouvent seuls face à leurs exercices parce qu’ils n’ont pas de parents compétents ou disponibles pour les accompagner. D’autres peuvent avoir des difficultés pour s’isoler afin de travailler de manière optimale.

Le CEF relève que «les inégalités se renforcent également là où elles étaient déjà présentes à l’école. C’est ainsi que des élèves à besoins spécifiques se retrouvent doublement pénalisés par la situation actuelle et une absence d’aménagements.»

Le sondage, qui permettait aux jeunes d’émettre leurs suggestions, indique que 21% des élèves désirent recevoir des cours en vidéoconférence ou des vidéos pré-enregistrées. D’autres aimeraient utiliser une plateforme telle que Smartschool (5%) ou créer un calendrier commun à tous les enseignants, ce qui permettrait à ces derniers de tenir compte de la charge de travail fournie par leurs collègues.



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