SANTÉ

Coronavirus: Alken, dans le Limbourg, est la commune la plus touchée du pays

Coronavirus: Alken, dans le Limbourg, est la commune la plus touchée du pays

Pour l’instant, la commune d’Alken n’a pas lancé d’enquête sur les éventuels foyers d’infection. BELGA

Située dans la province de Limbourg, non loin de Hasselt, Alken semble être la commune la plus touchée du pays par le covid-19, comme l’indiquent les données de l’institut de santé Sciensano.

Selon le bourgmestre Marc Penxten (N-VA), les nombreux rassemblements, dont deux fêtes musicales au début du mois de mars, ont joué un rôle majeur dans la propagation du virus.

Le bourgmestre a été informé d’un premier cas d’infection au covid-19 dans la commune d’Alken le 5 mars. «Nous venions d’organiser deux fêtes le week-end précédent. La première était celle d’un mouvement de jeunesse, la deuxième s’adressait aux plus de trente ans. Ce week-end là, il y a également eu une soirée de dégustation de vins et fromages ainsi qu’un repas. Il se pourrait que de nombreuses personnes qui s’y sont rendues revenaient de leurs vacances de ski, très populaires par ici», affirme Marc Penxten.

Après l’annonce de la première contamination, le bourgmestre a décidé d’annuler tous les évènements de la commune et a invité d’autres organisations à faire de même. «À ce moment-là déjà, les médecins traitants disaient qu’ils avaient considérablement plus de patients», indique-t-il. «Nous avons également immédiatement décidé qu’aucun de nos employés n’était autorisé à travailler s’il venait d’une zone à haut risque. En cas de suspicion d’infection, ils devaient rester à la maison pendant dix jours, et ce même lorsque seul leur compagnon s’était rendu dans une zone à risque».

«Pour nous, il s’agit d’une zone grise puisqu’on ne sait pas qui est infecté»

Selon M. Penxten, les nombreuses infections peuvent toutefois donner une image erronée. «La situation peut également s’étendre à toute la région de la Hesbaye. Au début, on comptabilisait encore les cas. Après cela, de nombreux Limbourgeois ont été infectés, mais ces cas ne sont plus enregistrés», explique le bourgmestre. «Les jeunes devraient être infectés aussi mais on n’enregistre pas de victimes parmi cette tranche de la population. Pour nous, il s’agit d’une zone grise puisqu’on ne sait pas qui est infecté.»

Entre-temps, l’inquiétude des habitants monte. «Ce matin, tout le monde a reçu le journal dans sa boîte aux lettres et celui-ci a fait l’effet d’une bombe. À la maison communale, les téléphones n’arrêtaient pas de sonner. Nous devons mettre tout le monde sur le pont afin de calmer les gens. Nous allons également publier un message vidéo sur la page Facebook», indique M. Penxten.

Des mesures supplémentaires

Actuellement, la commune étudie la possibilité de mettre en place des mesures supplémentaires. «Nous nous concentrons désormais sur l’application des directives. Il est important de faire comprendre à quel point c’est sérieux.» La commune affirme également être à la recherche de moyens pour décontaminer le mobilier urbain comme les bancs et les poubelles, afin que les habitants soient en sécurité lorsqu’ils sortent.

Pour l’instant, la commune d’Alken n’a pas lancé d’enquête sur les éventuels foyers d’infection. «Je veux coopérer si nécessaire, mais ne vais pas prendre cette initiative moi-même. Nous sommes occupés sur beaucoup d’autres choses en ce moment. Je suppose que l’Agence Soins et Santé y travaille. Ainsi, il était encore demandé aux premiers cas enregistrés de détailler où ils s’étaient rendus mais aujourd’hui, ce sont des choses que nous ne pouvons plus savoir» conclut M. Penxten.