CHAUMONT-GISTOUX

Coronavirus: Hugues et ses quatre amis coincés en Nouvelle-Zélande

Coronavirus: Hugues et ses quatre amis coincés en Nouvelle-Zélande

Hugues Huyghebaert (en rouge) devant les deux vans et la maison qu’il loue avec ses amis Ethan Katz, Elliott Poni, Arthur Humblet et Léo Godrie. ÉdA

Avec quatre amis et des réserves financières qui diminuent fortement, Hugues cherche une solution pour être rapatrié en Belgique.

 

À 20 ans, Hugues Huyghebaert rêvait de l’Océanie. Alors, il a organisé le voyage et début octobre, s’est rendu en Australie. Là, il donne des cours de tennis pour gagner un peu d’argent puis poursuit son périple, retrouvant au fil du temps d’autres copains de Belgique. Il visite la Nouvelle-Calédonie et se retrouve en Nouvelle-Zélande. «On a entendu parler du coronavirus mais sans plus. Ce n’est qu’un peu plus tard que les premiers cas sont apparus ici en Nouvelle-Zélande. Le temps de se rendre compte de ce qu’il se passait et je me suis dit qu’il serait préférable de rentrer en Belgique. J’ai fait quelques recherches et me suis rendu compte que le prix des avions était impayable, s’élevant à 6 000€ environ!»

+ LIRE AUSSI| Gauthier confiné à Auckland

Hugues n’avait pas de billets de retour puisqu’il comptait encore séjourner de ce côté de la planète pendant quelques mois. Alors, il a poursuivi son voyage, en van, avec quatre amis tout en continuant à suivre ce qu’il se passe dans le monde. «La Nouvelle-Zélande passe au niveau d’alerte 3, ce qui veut dire qu’on a été contraint de nous arrêter. On n’a pas le choix.» Avec ses amis, Hugues trouve une maison à louer pour trois semaines. Dont coût: 2 500 dollars. «Ces frais n’étaient pas prévus. On tente de revendre nos vans, achetés 6 000 dollars, mais les prix ont chuté. On nous en offre… 100 dollars!»

La solution de rentrer en Belgique serait la meilleure mais «les vols retour sont quasiment tous supprimés, on cherche une solution pour rentrer mais cela semble très compliqué. On craint de devoir rester ici et nous confiner. En plus, je n’ai pas de visa pour travailler en Nouvelle-Zélande. Bref, je ne sais faire que dépenser, sans rien gagner…»

Hugues a entendu parler du site du gouvernement pour se faire rapatrier. Il a fait le nécessaire, avec ses amis, pour s’enregistrer mais il attend. «On a aussi envoyé un e-mail au consulat, dont on attend une réponse.»

Actuellement, les cinq amis sont à Dunedin, où «il fait glacial, l’hiver approche. On espère être rapatrié. On sait que le gouvernement belge a beaucoup à gérer et fait le maximum. On comprend que c’est compliqué de nous ramener en Belgique. À défaut, on espère une aide financière pour subsister ici…»

C'est le flou total

Sylviane, la maman d’Hugues multiplie les démarches pour ramener son fils et ses amis en Belgique. Elle a contacté son fils pour lui expliquer la situation réelle du coronavirus en Europe et prendre de ses nouvelles. «Il n’avait pas vraiment conscience de ce qu’il se passe réellement jusqu’au moment où il a appris là-bas qu’il ne pouvait plus regagner l’Australie. Là, il sait à présent qu’il faut prendre les choses au sérieux.»

Ce qui préoccupe Sylviane, c’est le sort de son fils. «On n’a aucune idée de la qualité des soins de santé là-bas, indique cette infirmière qui travaille à Saint-Luc et qui sait donc pleinement ce qu’est le coronavirus… Ils sont livrés à eux-mêmes dans ce pays qui est passé en phase 3. Tout devient très compliqué. Personne ne sait réellement comment faire pour le rapatriement, et aucun accord n’existe en cette matière entre la Belgique et la Nouvelle-Zélande.»

Sylviane cherche donc des pistes via le ministère des Affaires étrangères. «Mais on ne sait pas encore trop comment on va y arriver. Mon souhait est qu’Hugues rentre surtout que l’hiver commence là-bas! Il serait bien mieux, confiné ici. Ils n’ont plus les moyens, c’est le flou total, c’est tellement loin où ils sont. Je crains qu’on doive appeler au secours!»