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Sur scène comme en piste!

Sur scène comme en piste!

ÉdA

Pour Antoine Hénaut, l’année 2019 s’est terminée par des concerts au Botanique bruxellois et au Manège montois. Deux scènes qui savent reconnaître et promouvoir les talents authentiques. Et 2020 débute avec la sortie de son nouvel album. Intitulé «Par défaut», il ne manque pas de qualités!

Quand d’autres artistes n’envisagent la réussite que par un ancrage dans une ville capitale, Antoine refuse de se déraciner de son terroir natal. C’est donc dans sa maison nichée dans un des nombreux vallons paisibles que cache le Haut-Pays transfrontalier que nous le rencontrons. «J’ai besoin d’être ici pour créer» nous confie-t-il «Je me suis aménagé un home studio où j’écris mes textes et je compose mes chansons. Ensuite j’envoie le tout à mes musiciens pour les arrangements. Pour le nouvel album j’ai travaillé avec Jérôme Hiernaux, que j’ai rencontré par l’intermédiaire de Saule. Deux autres compères nous rejoignent sur scène: Hugo Adam et Philippe Quewet. Ce travail d’équipe enrichit et diversifie mon approche». Les filles sages, Menteur à gages, Le Copain. Trois des onze titres du nouvel opus. Des sources d’inspiration personnelles? Antoine nuance: «Il y a sans doute toujours des références personnelles, conscientes ou non. Mais je conçois plutôt mes chansons comme des petits dessins bigarrés avec un personnage central. Avec les années qui passent, je suis aussi davantage sensible à l’écoulement du temps. Tant de Temps, Jamais Toujours sont deux autres titres de l’album. Même si je privilégie l’instant présent puisqu’avec l’âge j’ai vraiment l’impression que je deviens ce que je suis! Mais ça n’empêche pas la nostalgie». De fait, le passé du jeune trentenaire n’est jamais loin. Ainsi le clip du morceau «Le Copain» est un joli clin d’œil aux fanfares du temps jadis et au monde du cirque. Un univers de référence pour le chanteur puisque son papa Guy a naguère eu ce coup de folie de créer dans un petit village honnellois une école de cirque «au milieu de nulle part». Il confirme: «C’est vrai que j’ai quasiment grandi sur une piste en apprenant à jongler! Aujourd’hui je conçois d’ailleurs plutôt mes concerts comme un spectacle où il doit y avoir une part d’improvisation qui s’explique, aussi, par la participation ou non du public! Monter sur une scène pour jouer exactement ce que les spectateurs peuvent entendre sur le CD ne m’intéresse pas. Dans la vie comme en concert, il faut surprendre et être surpris. C’est aussi la raison pour laquelle je préfère les petites salles et les cabarets pour mieux ressentir le contact avec le public». Il n’empêche: en juillet prochain, Antoine et ses potes sont programmés au Festival au Carré (Mons) et aux Francofolies de Spa. Il ajoute: «J’en suis évidemment heureux. Avant ces rendez-vous il y a aussi d’autres dates qui s’ajoutent au calendrier. Grâce notamment au travail de ma compagne Mara, qui contacte régulièrement les organisateurs, les centres culturels. Les responsables de ceux-ci se battent pour faire connaître les artistes de chez nous, mais il y a quand même un problème récurrent de moyens financiers. Les subsides ne sont pas toujours équitablement répartis. Et donc c’est vrai qu’il faut se battre pour être reconnu. On sait que si vous ne passez pas par régulièrement dans les médias de grande audience, c’est plus difficile. Ceci dit je ne me vois pas coach à The Voice. Ce n’est pas pour moi une question de qualité car on y entend des concurrents de talents. Mais justement ce sont des concurrents. Et je ne vois pas la chanson comme l’objet d’une compétition. Mais je respecte les choix de chacun!» Antoine travaille déjà d’autres compositions. Et il vous invite déjà à un rendez-vous qui lui tient tout particulièrement à cœur: Le Festival du Leu, le premier week-end de septembre dans son village natal: Onnezies. Un festival d’arts de la rue qu’aurait apprécié son père, aujourd’hui décédé. Mais toujours vivant dans le cœur de son enfant de la balle!

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