WAVRE

Coronavirus: Quinze jours de confinement dans une chambre d’hôtel pour Marc Devillé

Footballeur à Wavre-Limal, Marc Devillé se retrouve actuellement en confinement, dans une chambre d’hôtel à Taïwan.

Marc Devillé, comment expliquer que vous vous retrouvez dans une chambre d’hôtel à Taïwan?

Ma compagne Deborah est originaire de Taïwan et elle est actuellement ici avec notre petite fille Arabella. Voulant les retrouver, je trouvais plus sécurisant de venir moi à Taïwan que de les faire revenir en Belgique où je me rendais compte que tout partait en vrille. J’aurais bien voulu arriver plus tôt mais mes vols se sont annulés les uns après les autres et j’ai finalement dû rejoindre Amsterdam en Thalys pour prendre un vol vers Osaka puis un second vol d’Osaka à Taïwan. Pendant mon voyage, Deborah m’a envoyé des messages m’expliquant la situation et la liste des hôtels proposés aux gens qui arrivaient comme moi de l’étranger et qui devaient se retrouver en quarantaine à leur arrivée.

Depuis lundi, vous voilà donc coupés du monde, à une vingtaine de minutes de vos proches que vous n’avez pas encore pu voir…

Comme j’étais le dernier à intégrer une chambre d’hôtel, je me suis retrouvé avec ce qui restait et je n’ai même pas de fenêtre pour voir ce qui se passe dehors. Comme je ne peux pas quitter ma chambre, je n’ai pas encore vu le moindre visage humain. On dépose mes repas devant ma porte, on me prévient qu’ils sont là et je peux alors juste entrouvrir la porte pour prendre la nourriture.

Avez-vous peur de la situation?

Non. Je me sens même super bien. Je n’ai aucun symptôme du coronavirus pour lequel je dois communiquer ma température deux fois par jour, au responsable de l’hôtel ou au Gouvernement qui me contacte de temps en temps. Je me sens en sécurité ici. Contrairement à la Belgique où je trouve que l’on a fait traîner les choses, Taïwan a vraiment bien géré ça jusqu’il y a une semaine. Il n’y a eu «que» quarante cas dans le pays dont la moitié des malades sont guéris. Il n’y a eu qu’un seul décès. Et pourtant, l’île n’est qu’à 1 h d’avion de la Chine. J’entends beaucoup de bruits de spray et mon hôtel est nettoyé en permanence. Ici, toutes les chambres de l’hôtel sont occupées mais personne ne sort, je suis à l’abri de tout et il ne peut rien m’arriver. Et quand je sortirai, je me retrouverai dans un pays où il n’y a plus de cas de coronavirus qui se baladent puisque pour le moment, et jusqu’à la fin du mois, tous les nouveaux arrivants sont placés en quarantaine.

Il vous reste une dizaine de jours à tenir.

Normalement, dans le courant semaine prochaine, je serai transféré dans une chambre qui va se libérer et qui possède une fenêtre. Ce sera déjà ça. Sinon, je m’occupe comme je peux.

Heureusement, vous avez internet à vos côtés.

J’ai aussi la télévision qui diffuse des programmes en chinois ou en anglais mais je ne l’allume pratiquement pas. Internet, par contre, m’est bien utile. On a une connexion privative par chambre afin d’avoir un bon signal et je peux contacter souvent ma famille ainsi que mes proches.

Et le moral?

Je tiens le coup. Par contre, je suis déphasé et je ne me rends pas compte de l’heure qu’il est. Il y a le décalage horaire (+7 h par rapport à la Belgique) et comme je jongle entre mes contacts en Belgique, ici à Taïwan ou en Amérique, je passe d’un fuseau horaire à l’autre. Comme les personnes qui occupent les chambres voisines téléphonent souvent la nuit, je ne dors pas beaucoup mais cela va déjà mieux depuis que j’ai reçu des boules Quies.

Vous restez au courant de l’actualité en Belgique?

Bien entendu. Je me dis aussi que si j’étais resté en Belgique, je me serais également retrouvé bloqué. Pas dans une chambre d’hôtel mais chez moi. Mon travail serait lui aussi à l’arrêt car en tant qu’indépendant pour Sisswy, ma marque d’accessoires en matériaux organiques, tous mes revendeurs et clients sont malheureusement fermés.