BASTOGNE

VIDÉO | Ruée dans les supermarchés : «Jamais vu ça en 40 ans», mais «pas de pénurie en vue»

VIDÉO | Ruée dans les supermarchés : «Jamais vu ça en 40 ans», mais «pas de pénurie en vue»

Capture d’écran Facebook Dorian Grégoire Les gens se sont rués vers les magasins dès leur ouverture ce vendredi matin. Et déjà hier soir.

Depuis hier soir, c’est la ruée vers les supermarchés. Exemple à Bastogne, où aucune pénurie n’est pourtant annoncée.

Partagée ce vendredi matin sur Facebook, une vidéo, prise par Dorian Grégoire, montre, durant quarante secondes, une foule s’élancer caddy à la main à l’assaut du Colruyt à Bastogne. Une image frappante, qui n’est pourtant que l’illustration de ce qui s’est passé (et se passe toujours à l’heure d’écrire ces lignes) suite à l’annonce de la quarantaine pour contrer la propagation du Coronavirus.

 

Mais les gens n’ont pas attendu ce matin pour aller faire des provisions. Si dans certains magasins, une hausse a été remarquée depuis quelques jours, c’est surtout depuis hier soir et l’annonce d’une réunion du gouvernement que les magasins d’alimentation sont pris d’assaut.

 

«Notre coordinatrice dit qu’elle n’a jamais vu ça en 40 ans de carrière, souffle un employé du Delhaize à Bastogne. Il y a du monde pour Noël par exemple, mais les gens viennent pour les produits de fêtes. Ici, ce sont surtout les produits de première nécessité comme le lait, les pâtes, le papier toilette et l’eau.» Il n’est ainsi par rare de croiser des caddies remplis d’une bonne dizaine de paquets de pâtes et/ou de rouleaux de papier wc.

 

Au Colruyt à Bastogne, ce vendredi en milieu de matinée, c’est une file de près de 30 mètres, zigzaguant dans les rayons, qui s’est formée pour accéder aux caisses.

 

«Pas de pénurie»

 

Conséquence, certains rayons peuvent être vides. «Ce n’est que le temps de les remplir à nouveau les rayons car nous n’avons aucun souci de stock actuellement», nous ont expliqué les différentes grandes enseignes interrogées à Bastogne.

 

«Les gens n’ont pas bien écouté ce qu’a dit la première ministre, qu’il ne fallait pas se ruer dans les magasins, regrette ainsi un employé du Carrefour. Nous n’avons aucun souci pour l’approvisionnement actuel et à venir. C’est un peu bête comme comportement.» Un avis qui est loin d’être isolé.

 

Jeudi soir, en conférence de presse, la Première ministre a pourtant bien insisté sur le fait qu’il est inutile de dévaliser les rayons des magasins d’alimentation. Ils resteront ouverts. Elle a demandé aux citoyens de faire preuve de solidarité afin que tout le monde puisse s’acheter un paquet de pâtes s’il le souhaite. Ce message n’est visiblement pas suivi par tous.

 

«Solidarité entre employés»

 

Quoi qu’il en soit, il faut répondre à cette demande énorme. Les responsables ont donc rassemblé toutes les forces vives, rappelant certains employés en congés. Des employés qui, bien souvent, ont accepté d’allonger leur journée de travail. Pas d’autre choix pour assurer la gestion du flux gigantesque. «C’est la solidarité qui prime dans ces cas-là, on fait au mieux avec les moyens disponibles», souffle-t-on ainsi du côté du Colruyt.

 

Pareil à Arlon

 

Au Delhaize d’Arlon, plusieurs rayons sont vides ou presque, comme celui des pâtes ou des conserves de tomates. Au niveau de l’affluence, «c’est dix fois pire qu’à Noël», raconte un employé. Pas le temps d’achalander un rayon, qu’il se vide aussi vite. En déambulant dans le magasin, on croise des caddies remplis de pains ou de biscottes!