Le message du papa de Charles Johnen, disparu : «Continuez à parler de lui»

Jean-Claude Johnen, le papa de Charles, fait le point après six jours à chercher son fils. Entre optimisme et réalité.

Jean-Claude Johnen, voici six jours que votre fils Charles a disparu. Six jours, aussi, qu’un énorme élan de solidarité est né au départ de Montzen pour retrouver Charles. Tout d’abord, comment vous sentez-vous?

Très mal. Plus on s’avance, plus le temps passe, plus on pense à une issue fatale. Mais on s’efforce de ne pas y penser. Les recherches pour retrouver Charles continuent, il n’y a pas l’ombre d’un doute. Les bénévoles continuent à sillonner le quartier de Coronmeuse et le quartier Saint-Léonard. On continue à poser des affiches, on poursuit les publications sur les réseaux sociaux. On continue à communiquer dans les écoles, etc. Il y a un vrai élan de solidarité.

Ce soutien, on le sent aussi venir de certaines personnalités qui se mobilisent sur les réseaux sociaux

Oui, le soutien est énorme. Mais ce n’est malheureusement pas parce qu’une personne comme Axel Witsel partage l’avis de recherche qu’on va le retrouver. Beaucoup de joueurs ou anciens joueurs du Standard ont de la famille à Liège, sont originaires de la région. Et Charles est aussi un supporter du Standard donc on remarque une émulation autour du club. On a également communiqué auprès de certaines personnalités politiques, des bourgmestres que l’on connaît… Mais ce n’est pas nous qui contactons un Pierre-Yves Jeholet, par exemple, pour lui demander de publier quelque chose.

Où en sommes-nous au niveau des recherches?

La police continue sur la même zone. Une nouvelle piste? Je ne sais pas, nous ne sommes pas dans le secret des dieux. On les laisse travailler.

Comptez-vous redescendre sur Liège?

Je ne pense pas que j’irai aujourd’hui (NDLR: lire mercredi). On continue notre sensibilisation sur les réseaux sociaux mais Liège a, de notre côté, été passé au peigne fin. On a fouillé chaque rue, chaque recoin… Il n’y a que les immeubles que nous n’avons pas pu faire.

Qu’est ce qui vous a marqué le plus ces derniers jours?

Je suis impressionné par la solidarité des gens, des gens qu’à la limite on ne connaît même pas. Dans le quartier de Coronmeuse, par exemple, une personne âgée est venue nous trouver pour nous parler de caméras qui étaient installées dans des magasins afin de voir si Charles était sur les bandes. Puis il y a toute la communauté villageoise… On n’a pas et on n’aura pas assez de mots pour les remercier de tout ce qu’ils ont mis en œuvre.

Des médiums sont intervenus pour apporter de nouvelles pistes. Un choix qui était important pour vous?

Alors je vais être très clair: on n’a pas fait appel à un médium. Ce sont des connaissances, qui y croient, qui ont fait appel à certains médiums pour certaines choses bien précises. C’est via eux… Après, ça permet aussi de maintenir éveillées les recherches, d’avoir peut-être de l’espoir.

Avec vous des frustrations ou des satisfactions dans le travail de recherche entrepris depuis vendredi dernier?

Absolument aucune frustration. On est, au contraire, satisfait de la mobilisation générale. Je veux souligner le travail exceptionnel de la police. Malheureusement, ou heureusement, c’est un travail de l’ombre. On a mis les choses au clair avec eux ce week-end, et ça se passe bien entre nous.

Quel message souhaitez-vous faire passer?

Le même que celui de lundi: continuez à parler de Charles. Il faut le faire, sans cesse, jusqu’à ce qu’on le retrouve. On a eu des échos comme quoi, à Liège, des gens ne sont pas encore au courant que Charles a disparu. Parmi ces gens, il y en a peut-être un qui a vu quelque chose… Si c’est le cas, il ne faut pas hésiter un instant et former le 116 000 (Child Focus) ou le 0800/30300.