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Surice: une étape obligée du Tour de la biométhanisation

Surice: une étape obligée du Tour de la biométhanisation

Une quarantaine de personnes a pu découvrir l’unité de biométhanisation de La Surizée à Surice. EdA — 50548381601

Jeudi, le Tour de la biométhanisation en Wallonie s’est arrêté à Surice, à La Surizée. Le but: développer la bioénergie dans le sud du pays.

Avec ses 55 unités de biométhanisation en 2018 sur son territoire, la Wallonie fait office de Petit Poucet par rapport à l’Allemagne (11 000 unités), l’Italie (1 555) ou même la Flandre et ses 153 unités. Petit rappel, la biométhanisation est un processus de fermentation de matières organiques (paille, lisiers, déchets verts…) en cuve et en l’absence d’oxygène. Il en ressort d’une part du biogaz qui permet de produire de l’électricité et de la chaleur via un moteur, et d’autre part du digestat qui servira ensuite de fertilisant de bonne qualité sur des terres agricoles. Ce procédé permet à des exploitations agricoles de fonctionner en circuit fermé en termes d’énergie et d’engrais. Il génère de l’emploi et contribue à une transition énergétique vers le renouvelable.

Bien qu’émergente, cette filière a néanmoins des difficultés à se développer rapidement en Wallonie. En cause: notamment une législation wallonne d’une grande complexité, des coûts élevés pour construire et gérer une unité de biométhanisation et, par le passé, un manque de volonté politique de développer cette filière. Sans appui financier, il est difficile d’assumer un tel projet.

Une volonté politique enfin affirmée

«Mais la donne est en train de changer, insiste Cécile Heneffe, chef de projet biométhanisation chez ValBiom (voir ci-dessous), une ASBL chargée de booster la bioénergie et les matériaux biobasés. Via la déclaration de politique régionale et le Plan National Énergie Climat, les autorités wallonnes ont signifié leur ferme intention de développer cette filière. Une nouvelle réglementation européenne devrait aussi mettre un coup de pied dans la fourmilière et permettre une ouverture des marchés dans les deux ans et demi.»

En attendant, l’association ValBiom sensibilise d’éventuels porteurs de projets (agriculteurs, communes, industriels…) à la biométhanisation. Depuis deux ans, elle organise un Tour de Wallonie permettant de visiter des unités de biométhanisation et d’en rencontrer les initiateurs.

Ce jeudi, ce «Tour» faisait étape à Surice, à l’unité de biométhanisation de La Surizée. Près de 40 personnes d’horizons divers s’étaient déplacées pour découvrir les lieux. Fonctionnant depuis 2006 au cœur de l’exploitation agricole bio de Dimitri Burniaux, les installations de Surice constituent une vitrine énergétique wallonne. Elles avaient nécessité un investissement de 850 000€ à l’époque.

Un moteur de cogénération

«Ce projet remonte à 2002, lorsque l’ASBL La Surizée a répondu à un appel de la Région wallonne, explique Dimitri Burniaux. En 2015, la puissance de l’unité a été doublée. Le biogaz est valorisé dans un moteur de cogénération. L’électricité alimente la ferme et le surplus est revendu sur le réseau. Nous produisons 700 MWh d’électricité par an, l’équivalent de la consommation de 150 à 250 ménages moyens wallons. Nous fournissons également de la chaleur à 9 appartements et 10 maisons voisines.»

En outre, la fermentation de 3 500 tonnes/an de matières produit 3 300 tonnes/an de digestats valorisés sur les 200 ha de terres agricoles de l’exploitation.

L’exemple de «La Surizée» incitera-t-il de nouveaux porteurs de projets à se lancer dans la biométhanisation? L’ASBL ValBiom se tient prête à les conseiller et à les encadrer dans cette aventure.

www.valbiom.be ou 081 87 58 87