CLIMAT

Bruxelles à l’heure du changement climatique: «Il y a du changement, mais il faut aller plus loin»

À l’initiative du mouvement Youth for Climate et de 24 autres organismes, les citoyens soucieux d’une plus grande prise en compte des enjeux climatiques par les politiques européennes se sont donné rendez-vous ce vendredi à Bruxelles.

Un an plus tard, les jeunes s’apprêtent à reprendre possession de la rue au sein de la capitale européenne, dans le cadre de la nouvelle marche organisée pour le climat ce vendredi.

Rehaussé par la présence de jeunes activistes issus de 25 pays membres de l’Union européenne, l’événement sera l’occasion pour les défenseurs de la cause climatique de crier, une nouvelle fois donc, leur mécontentement face aux «freins des États membres pour un Green Deal ambitieux».

«On peut déjà observer des changements depuis qu’on a commencé à marcher, note Adélaïde Charlier, figure médiatique du mouvement Youth for Climate en Belgique. On le voit avec le Green Deal qui est là, avec la loi européenne pour le climat qui est là. Les marches pour le climat ont donc fait bouger les choses. Mais il faut aller plus loin encore

Les marches pour le climat ont donc déjà influencé la situation. Mais il faut encore aller plus loin.

Et tenter de convaincre ceux qui demeurent hostiles au message véhiculé par ces manifestations? «Il faut que les gens se questionnent, qu’ils se demandent pourquoi semaine après semaine nous descendons dans la rue, reprend la militante. Le fait de se questionner amènera les personnes à s’informer. Et nous sommes persuadés que si tout le monde s’informe correctement sur la situation, la solution viendra.»

Surtout que, comme le rappelle la Namuroise, les jeunes se présentent uniquement comme les porteurs d’un message émanant des vrais spécialistes des questions de climat: «Il faut placer la science au centre des débats. Quant à nous, en qualité de citoyens engagés, que l’on soit jeune ou non, notre devoir est de rappeler chacun à ses responsabilités. Évidemment, que l’on soit présidente de la Commission européenne ou étudiante de 16 ans, celles-ci ne sont pas les mêmes. Mais il est nécessaire que chacun prenne ses propres responsabilités. »

«Une année critique»

Et l’urgence reste de mise. Les organisateurs de la marche de ce vendredi insistent d’ailleurs: «2020 est une année critique pour concrétiser l’accord de Paris, dans lequel tous les pays se sont engagés à limiter le réchauffement climatique et à éviter la dégradation du climat.» D’autant que, rappellent encore les organisateurs, l’Union européenne «doit réduire ses émissions de gaz à effet de serre d’au moins 65% d’ici 2030 et atteindre la neutralité carbone d’ici 2040 au plus tard. Or, actuellement, l’Europe ne respecte pas ses propres engagements».

Avec Greta Thunberg

Devenue l’égérie mondiale de la cause, la jeune activiste suédoise Greta Thunberg sera présente, quarante-huit heures après avoir tancé les instances européennes quant à son «inaction».

«En septembre, plus de 7,8 millions de gens sont sortis dans les rues» pour demander d’agir, a-t-elle ainsi rappelé. En novembre, le Parlement européen a déclaré l’urgence climatique et environnementale, vous avez dit que l’UE serait leader contre la menace existentielle que représente la crise climatique. C’est une nouvelle fantastique! Mais quand vos enfants ont activé l’alarme incendie, vous êtes sortis, avez regardé, reniflé l’air, constaté que oui, la maison brûle… Puis vous êtes rentrés, avez fini votre dîner, regardé un film et vous avez été vous coucher, sans même appeler les pompiers. Cela n’a pas de sens! »

Ce jeudi, une vingtaine de jeunes se sont déjà retrouvés devant les institutions européennes. Une sorte d’échauffement pour demain…

Le cortège s’élancera ce vendredi depuis le rond-point de l’Europe, à côté de la gare de Bruxelles-Centrale, à 14 heures.