SPORTS

Le coronavirus continue de bousculer le monde du sport

Le coronavirus continue de bousculer le monde du sport

Strade Bianche 2019. Photo News

Équipes cyclistes en quarantaine aux Émirats, reports et huis clos dans le football italien... L’épidémie de nouveau coronavirus continue mercredi de chambouler les compétitions sportives à travers le monde, où les institutions évaluent la situation d’heure en heure.

Le gouvernement italien a annoncé lors d’une conférence de presse que tous les évènements sportifs en Italie devront se tenir à huis clos suivant un nouveau décret émettant de nouvelles dispositions pour contrer la propagation du coronavirus. La mesure est d’application jusqu’au 3 avril. Cela concerne notamment les matches de Serie A en football qui se joueront tous sans public.

Mercredi, l’on avait appris que la demi-finale retour de la Coupe d’Italie de football programmée jeudi entre Naples et l’Inter Milan avait été reportée suite à la décision du préfet de la ville napolitaine.

La première demi-finale retour, entre la Juventus et l’AC Milan (1-1 à l’aller), prévue mercredi, a également été reportée.

La Juve affrontera dès lors bien l’Inter dimanche dans un match de Serie A qui avait déjà été reporté le week-end dernier alors que Milan-Gênes se disputera dimanche à 12h30 suivant un calendrier totalement chamboulé en championnat d’Italie. Un match de Serie A prévu lundi entre la Sampdoria de Gênes et Hellas Vérone, prévu lundi a aussi été reporté.

La mesure touche également le match de rugby des VI Nations entre l’Italie et l’Angleterre le 14 mars à Rome alors que 20.000 supporters anglais avaient prévu de faire le déplacement.

Mercredi soir, le gouvernement italien a annoncé la fermeture des écoles et des universités jusqu’au 15 mars.

Le printemps cycliste menacé

Au niveau sportif, l’Italie doit accueillir plusieurs courses cyclistes dans les prochains jours: Strade Bianche près de Sienne le 7 mars, Tirreno-Adriatico du 11 au 17 et surtout Milan-San Remo le 21.

La formation australienne Mitchelton-Scott, comptant parmi ses rangs les Britanniques Adam et Simon Yates, a annoncé mercredi qu’elle ferait l’impasse sur toutes les courses italiennes, ainsi que Paris-Nice, le justifiant par son «devoir de protéger la santé et le bien-être de nos coureurs et de nos membres».

La formation néerlandaise Jumbo a aussi annoncé qu’elle renonçait à participer aux Strade Bianche.

En quarantaine

Sur un autre continent, quatre équipes (UAE Emirates, Gazprom, Cofidis, Groupama-FDJ) ont été officiellement placées en quarantaine aux Emirats arabes unis jusqu’au 14 mars. La maladie avait provoqué l’annulation des deux dernières étapes du Tour des Emirats.

En conséquence, «faute d’effectifs suffisants (coureurs et staff)», la formation française Groupama-FDJ a déclaré forfait mercredi soir pour les Strade Bianche et Tirreno-Adriatico.

«Aucune annulation à ce stade»

L’Union cycliste internationale (UCI) a décidé de ne procéder à aucune annulation de courses cyclistes pour le moment en regard de la situation relative à la propagation du coronavirus, mais reste attentive à toute évolution.

«L’UCI a décidé de ne procéder à l’annulation d’aucune épreuve à ce stade. Toute décision éventuelle d’annulation sera prise par les autorités sanitaires des territoires concernés sur la base de l’évolution de la situation locale et de différents facteurs de risque identifiés», explique le communiqué de l’UCI.

«Pour les épreuves maintenues, il a été décidé que chaque organisateur devra mettre en place un certain nombre de mesures visant à limiter au maximum tout risque de propagation du coronavirus», précise l’instance internationale qui veut être prévenue au plus vite du forfait de certaines équipes ou coureurs, de même si des organisateurs étaient amenés, sur décision de leurs autorités, à refuser la participation de certaines équipes ou de certains coureurs. L’UCI prendrait alors les dispositions nécessaires, au cas par cas, «pour qu’aucune équipe ne soit pénalisée, ni financièrement, ni au moment de la prise en compte de ses résultats sportifs dans le cadre notamment de l’évaluation de son statut d’UCI WorldTeam ou d’UCI ProTeam».

L’UCI rappelle que toutes les mesures visent à réduire les risques d’infection pour les coureurs, le personnel des équipes, le public et toute autre personne impliquée dans le cyclisme, et à éviter que celui-ci ne contribue à la propagation du coronavirus dans le monde.

La flamme olympique touchée

L’Afrique n’échappe pas au chaos: la saison inaugurale de la Ligue africaine de basket a été reportée. Et en Asie, foyer du virus, les annulations se multiplient avec mercredi celle du tournoi de rugby à VII annulé au Japon et le report du tournoi de qualification olympique de basket 3x3, qui devait avoir lieu à Bangalore (Inde) du 18 au 22 mars.

De quoi alimenter des questions vis-à-vis des deux plus grands évènements sportifs de l’année cet été: l’Euro de football (12 juin-12 juillet) et les Jeux olympiques de Tokyo (24 juillet-9 août).

Le Comité international olympique n’a évoqué mercredi «ni une annulation ni un report» des Jeux olympiques de Tokyo-2020 en pleine crise du coronavirus, a affirmé son président Thomas Bach, à l’issue d’une réunion de la Commission exécutive.

Mais le premier symbole des Jeux, la flamme olympique, pourrait en faire les frais. Le traditionnel parcours de la torche dans le pays hôte, qui doit débuter fin mars de Fukushima pour un relais à travers tout le Japon, se fera sous haute surveillance.

«Le Comité organisateur prendra toutes les mesures nécessaires et appropriées pour prévenir la propagation de l’infection parmi les coureurs, les spectateurs et l’équipe technique», comme la limitation du nombre de spectateurs, ont déclaré mercredi dans un communiqué les organisateurs.

Euro 2020: «Pas de crainte, mais...»

En ce qui concerne l’Euro-2020, qui doit avoir lieu dans 12 pays, dont l’Italie, dans une formule itinérante inédite avec le brassage de population qui en découlera, l’UEFA reste prudente et son président Aleksander Ceferin a juré mardi ne pas «songer au scénario du pire».

«Évidemment, les compétitions sportives, et en l’occurrence le football et l’Euro (sont concernées). Il n’y a pas de craintes à avoir, mais cela peut évoluer», a affirmé mercredi le sélectionneur français Didier Deschamps, jugeant «légitime d’avoir des inquiétudes».

France: protocoles amendés

En France, la Ligue de football professionnel (LFP) a amendé les protocoles d’avant-match, supprimant entre autres la poignée de main entre entraîneurs, arbitres et délégués.

Le ministre de la Santé Olivier Véran a laissé la porte ouverte à des mesures plus strictes dans le sport.