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Les quarantaines doivent être «proportionnées» et respecter les droits des personnes

Les quarantaines doivent être «proportionnées» et respecter les droits des personnes

Le coronavirus impose des règles sanitaires très strictes. AFP

La Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme a demandé jeudi que les quarantaines mises en place pour endiguer l’épidémie du coronavirus soient «proportionnées» à la menace et respectent les droits des personnes, dont la liberté d’expression.

S’exprimant devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU à Genève, Michelle Bachelet a souligné que la lutte contre la maladie Covid-19 doit être guidée par les droits humains, réclamant que les mesures de santé publique se fassent «sans aucune discrimination» et en toute «transparence».

En outre, les quarantaines, qui, de par leur nature, «restreignent le droit à la liberté de mouvement, devraient être proportionnées aux risques» et «limitées dans le temps», a-t-elle dit.» Les droits des personnes mises en quarantaine devraient être protégés, y compris le droit à l’accès à l’alimentation et à l’eau potable, le droit d’être traitées de façon humaine, d’avoir accès aux soins de santé, le droit d’être informées et la liberté d’expression», a-t-elle insisté.

Mme Bachelet a indiqué que ses bureaux nationaux vont soutenir toutes les parties prenantes pour que soient préservés les droits de toutes les personnes touchées par cette crise sanitaire.

La Haut-Commissaire a en particulier souligné la vulnérabilité des personnes qui vivent dans des institutions collectives, dans le contexte de l’épidémie.

«Les personnes vivant dans des institutions collectives, y compris de nombreuses personnes âgées et les personnes qui sont privées de leur liberté, sont susceptibles d’être plus vulnérables face à l’infection», a-t-elle affirmé. Partie de Chine, l’épidémie s’est propagée dans de nombreux pays et a contaminé plus de 80 000 personnes et tué plus de 2 700 morts dans le monde, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Mme Bachelet a relevé que l’épidémie a déclenché «une vague inquiétante de préjugés à l’encontre des personnes originaires de Chine ou de l’Asie du Sud-Est», et appelé les pays à «lutter contre toute forme de discrimination».