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Carnaval d’Alost: le centre pour l’égalité des chances Unia a reçu 25 plaintes

Carnaval d’Alost: le centre pour l’égalité des chances Unia a reçu 25 plaintes

Le Carnaval d’Alost paradant dans les rues, le 23 février 2020. BELGA

Unia a reçu 25 plaintes concernant le carnaval d’Alost, dont la moitié avant même le défilé du cortège de dimanche, a indiqué lundi son directeur Patrick Charlier.

Le centre interfédéral pour l’égalité des chances étudie, avec la police et le parquet, l’opportunité d’entreprendre des démarches en justice.

«C’est la chronique d’une polémique annoncée», commente M. Charlier au sujet du carnaval d’Alost.

Unia s’attendait à un cortège «problématique». Si les auteurs du char ayant suscité la polémique l’an dernier se sont eux rendus à la Caserne Dossin (d’où 25 000 juifs ont été déportés pendant la Deuxième Guerre mondiale) et ont rencontré des organisations juives, les autorités communales n’ont elles pas pris leurs responsabilités, dénonce le directeur du centre.

«Elles n’ont pas anticipé les risques et les dérives. Leur décision de se retirer du patrimoine de l’Unesco a été un signe que tout était permis, ce qui a amené les différents groupes à se lâcher […] Toutes les représentations de juifs n’étaient pas problématiques, mais des juifs déguisés en fourmis, même si cela peut se comprendre comme un jeu de mots au niveau local, c’est difficilement audible au niveau national ou international […] Cela ne peut que renvoyer à l’idée que des insectes, il faut les exterminer […] C’est pourquoi nous essayons de faire comprendre aux organisateurs de fêtes folkloriques que celles-ci ne sont plus uniquement locales.»

Le char de l’année passée n’était pas légalement punissable puisqu’il n’y avait pas d’intention d’inciter à la discrimination, mais son iconographie antisémite méritait davantage de précaution et de dialogue, estime M. Charlier. «Le bourgmestre a refusé à trois reprises de rencontrer des organisations juives. Le gouvernement flamand a lui ignoré trois fois les demandes d’explications de l’Unesco.»