SOCIÉTÉ

Le terrible message de détresse d’un jeune garçon persécuté en raison de son handicap

Le terrible message de détresse d’un jeune garçon persécuté en raison de son handicap

Attirer l’attention sur les effets destructeurs de la discrimination envers les gens de petite taille et appeler à la sensibilisation à ce handicap au sein des écoles, tel est l’objectif recherché par cette maman. Capture d’écran

Une vidéo de Quaden, un garçon de 9 ans persécuté à l’école parce qu’il est atteint de nanisme, bouleverse la toile et rappelle la nécessité pour les établissements scolaires de lutter contre le harcèlement.

C’est l’histoire d’un buzz. Mais pas d’un vulgaire buzz. On ne parle pas ici d’un gag rocambolesque. Ni d’une création défiant les lois artistiques. Ce buzz est bien plus simple. Bien plus humain aussi.

Publiée sur Loopsider, la vidéo en question dévoile un enfant de neuf ans nommé Quaden, lequel, suite aux éternelles persécutions dont il est victime à l’école en raison de son nanisme, craque littéralement: «Donne-moi un couteau, je vais me suicider», lâche-t-il ainsi à sa mère, des larmes de rages plein les yeux.

«Je viens de récupérer mon enfant à l’école et j’ai été témoin de sa persécution», explique la maman dans la vidéo lue plusieurs millions de fois depuis sa diffusion. «J’ai appelé le principal et je veux que les gens sachent. Parents, éducateurs, professeurs, voici les effets de la persécution…»

Attirer l’attention sur les effets destructeurs de la discrimination envers les gens de petite taille et appeler à la sensibilisation à ce handicap au sein des écoles, tel est l’objectif recherché par cette maman.

Une obligation légale d’action en FWB

En Fédération Wallonie-Bruxelles, la gestion et la lutte contre les cas de harcèlement et les discriminations sont des thématiques que chaque établissement scolaire doit, de façon décrétale, prendre en considération dans son plan de pilotage (décret «Missions», article 67, paragraphe 2, alinéa «k»).

Depuis le 1er septembre 2018, les écoles doivent ainsi proposer un «aménagement raisonnable», défini comme des «mesures appropriées, prises en fonction des besoins dans une situation concrète, afin de permettre à une personne présentant des besoins spécifiques d’accéder, de participer et de progresser dans son parcours scolaire, sauf si ces mesures imposent à l’égard de l’établissement qui doit les adopter une charge disproportionnée», conformément au décret du 12 décembre 2008 relatif à la lutte contre certaines formes de discrimination. (décret «Missions», article 5, alinéa «23»)

«Ce sont les amis, les proches, qui me blessent parfois»

Originaire d’Erpent (près de Namur), Marc Saubain, n’a pas senti dans l’enfance le poids du regard des autres: « Dans notre village, tout le monde connaissait tout le monde.» Puis l’adolescence est arrivée: «Le secondaire, les petites amies, les frustrations… mais je compensais.»

«Même si je suis petit, je ne passe jamais inaperçu», reconnaît Marc. Quand les personnes le dévisagent, il leur fait signe de la main, en souriant. «C’est plus facile les jours où je suis de bonne humeur» reconnaît-il. Mais il ne laisse pas les remarques des inconnus l’atteindre: « Ce sont les amis, les proches, qui me blessent parfois

+ Revoir notre reportage complet à l’occasion du mois du nanisme, en octobre 2019 | Marc Saubain : « Je suis un peu le 8e nain »