ANTOING

Maltraitance animale : le propriétaire de Poly ne sera pas condamné

Maltraitance animale : le propriétaire de Poly ne sera pas condamné

Les sabots du poney Poly n’avaient plus été entretenus depuis plus de 10 ans. L’image de ses longs ongles avait fait le tour des médias à l’époque. Com.

Le tribunal correctionnel de Tournai a déclaré irrecevable la citation directe lancée par l’ASBL Animaux en péril contre un homme soupçonné de maltraitance animale.

Le tribunal correctionnel de Tournai a déclaré irrecevable la citation directe lancée par l’ASBL Animaux en péril contre un homme soupçonné de maltraitance animale. Dès lors, les poursuites judiciaires s’arrêtent.

En mars 2017, à Antoing, la police avait procédé à la saisie d’un poney et d’un cheval rongés par la vermine. Les pieds du poney, Poly, n’avaient plus été entretenus depuis au moins dix ans! Quant au cheval, il souffrait de cachexie. Les deux équidés avaient été pris en charge par l’ASBL Animaux en Péril.

L’affaire classée par le parquet, Animaux en Péril avait contre-attaqué

Quelques mois plus tard, le ministère public avait fait part de sa décision de ne pas poursuivre le propriétaire des animaux et de se contenter de le réprimander au travers d’une admonestation, permettant néanmoins aux autorités judiciaires de le tenir à l’œil après lui avoir imposé des conditions. Pour Animaux en Péril, c’était insuffisant et l’ASBL avait ainsi tenu à entamer une procédure de citation directe devant le tribunal correctionnel à l’encontre du propriétaire.

Le 20 janvier dernier, face au tribunal correctionnel de Tournai, la défense du propriétaire, cité pour maltraitance animale avait plaidé la suspension du prononcé de la condamnation. Le ministère public laissait quant à lui au tribunal le soin de prononcer une peine qui pouvait aller de huit jours à six mois, et d’une amende de 100 euros à 100 000 euros. L’ASBL Animaux en Péril souhaitait aussi que le tribunal interdise à l’Antoinien d’élever des animaux.

Finalement, un mois plus tard, le tribunal correctionnel de Tournai a considéré comme irrecevable la citation directe lancée par l’ASBL Animaux en Péril… Dans son jugement, la présidente du tribunal explique que l’ASBL ne disposait pas «de la capacité, de la qualité et de l’intérêt à agir» pour lancer cette citation directe. Elle ajoute également que cette action peut être menée «pour la défense d’un intérêt collectif uniquement en ce qui concerne les droits de l’homme ou les libertés fondamentales.».

Abandon volontaire: le propriétaire n’a rien à payer

Quant à la «réparation» réclamée par l’ASBL, la présidente du tribunal précise que «le propriétaire a fait abandon volontaire des animaux et que c’est ensuite librement que l’ASBL a repris ces animaux. Les frais engendrés par les soins apportés aux animaux l’ont donc été volontairement par l’ASBL»

 

«Un déni de la maltraitance animale» pour l’asbl Animaux en Péril

Le président de l’ASBL Animaux en Péril, Jean-Marc Montegnies, déplore la décision du tribunal correctionnel de Tournai. «C’est véritablement honteux! Nous avions déjà mené des actions similaires dans d’autres arrondissements judiciaires, et nous n’avons jamais été envoyés sur les roses d’une telle manière… Le fait de ne lui infliger qu’une simple remontrance était déjà un scandale, mais cette seconde décision est tout aussi incompréhensible face au calvaire vécu par Poly pendant plus de 10 ans! C’est un déni de la maltraitance animale, mais aussi de notre travail…»

«Des avancées politiques, mais la justice ne suit pas…»

Le président déplore le manque de suivi par le tribunal tournaisien des dossiers relatifs à de la maltraitance animale. «Cette affaire avait ému bien au-delà de nos frontières et avait choqué des millions de personnes. Elle avait d’ailleurs permis une réflexion sur le bien-être animal au parlement wallon. Le ministre Di Antonio avait aussi réagi en adoptant une loi permettant à l’Administration de procéder à des saisies d’animaux et d’interdire la détention des animaux. Et, cela parce qu’il avait conscience que la Justice était défaillante dans ces dossiers… C’est dommage de voir qu’à Tournai, on n’a pas encore pris conscience de l’importance de la protection des animaux!»