Catastrophe ferroviaire Buizingen : 10 ans après, le chagrin et la douleur toujours présents

Le 15 février 2010, à 8h28, sur la ligne 96 entre Hal et Buizingen, le train local reliant Louvain à Baine-le-Comte entrait en collision avec le train IC qui se rendait de Quiévrain à Liège.

Dix ans après la catastrophe ferroviaire de Buizingen (Hal), qui a coûté la vie à 19 personnes, le chagrin et la douleur sont toujours présents parmi les victimes et leurs proches, a-t-on pu constater lors de la cérémonie commémorative qui s’est tenue à proximité du lieu du drame. Le jugement du tribunal de police a été un soulagement pour beaucoup, mais la procédure en appel lancée par Infrabel soulève l’incompréhension.

Le 15 février 2010, à 8h28, sur la ligne 96 entre Hal et Buizingen, le train local reliant Louvain à Baine-le-Comte entrait en collision avec le train IC qui se rendait de Quiévrain à Liège. L’accident coûte la vie à 19 personnes (15 hommes, trois femmes, dont l’une était enceinte) et 162 blessés, dont 11 graves. Le conducteur du train IC fait partie des victimes alors que le conducteur du train en provenance de Louvain a, lui, survécu à l’accident.

Notre vie quotidienne a depuis été bouleversée, rien n’est plus pareil

«Beaucoup se souviennent encore de la peur et du désespoir qui nous ont frappés ce jour-là, le 15 février 2010», a évoqué une représentante des familles. «Le soulagement d’un coup de fil... qui n’est jamais venu. Notre vie quotidienne a depuis été bouleversée, rien n’est plus pareil. Nous espérions que les responsables du procès reconnaîtraient leurs erreurs et accepteraient le verdict, en toute dignité et dans le respect des victimes. Le ministère public et le juge nous ont écoutés, la SNCB et le conducteur du train ont accepté le jugement. Mais la décision d’Infrabel d’aller en appel, fut pour nous un véritable coup de couteau dans le cœur».

«Nous avons pris cela comme un manque de pudeur et de respect», a-t-il poursuivi. «Combien de drames faudra-t-il pour réaliser à quel point la sécurité doit rester la première des priorités? «

«Le 15 février 2010 restera profondément gravé dans notre mémoire», a déclaré Lodewijk De Witte, gouverneur du Brabant flamand. «Nous sommes ici présents pour les victimes et leur famille. Rien ni personne ne pourra jamais compenser leur souffrance. Nous sommes aujourd’hui confrontés à la question du comment: comment cela a-t-il pu se produire et qui est responsable de ce drame? Je ne peux qu’espérer le respect et l’acceptation des décisions de justice à ce sujet.»

Outre le gouverneur du Brabant flamand, son collègue gouverneur de la province de Hainaut, Tommy Leclercq, était présent ce samedi à la cérémonie, tout comme le bourgmestre de Hal. Avec une représentante des familles, tous ont exprimé leur gratitude envers les équipes de secours qui sont intervenues il y a 10 ans sur les lieux de la catastrophe. Le ministre-président wallon Elio Di Rupo et la CEO de la SNCB, Sophie Dutordoir, étaient également présents.

Le 3 décembre dernier, le tribunal de police a jugé que le conducteur du train P, ainsi que la SNCB et Infrabel étaient responsables de l’accident ferroviaire. Pour le conducteur du train, seule une déclaration de culpabilité a été prononcée, tandis que la société de chemin de fer nationale a reçu une amende effective de 550.000 euros. Infrabel a écopé d’une amende de 550.000 euros dont la moitié avec sursis.

Infrabel a décidé d’interjeter appel du jugement, tout comme le parquet de Bruxelles mais uniquement pour ce qui concerne Infrabel.

Le dossier en appel sera introduit le 24 février.