CHARLEROI

Youssef, le «cowboy de la route»

Youssef, le «cowboy de la route»

Image d’illustration BELGA

L’homme, chauffeur poids lourd, n’a pas apprécié les remarques de Michaël et Michel sur sa conduite. Il a dégainé une arme et une clé à douilles.

Youssef est un habitué de la route. Le quadragénaire est chauffeur de poids lourd de formation. Mais il a également connu des démêlés avec la justice, pour des histoires liées aux stupéfiants. Condamné à deux reprises à des peines de 4 ans et 6 ans de prison, Youssef a retrouvé la liberté conditionnelle le 3 août 2015. Alors qu’il devait se tenir à carreau, Youssef a récidivé, à deux reprises. Le 27 mai 2018, à Gilly, Youssef brûle une priorité de droite. Énervé, Michel montre son mécontentement en klaxonnant. Ce dernier se rend compte, en regardant dans son rétroviseur arrière qu’il est suivi par Youssef. Le prévenu l’oblige à s’arrêter et dégaine une arme décorative, achetée une semaine avant sur une brocante. «Si tu n’arrêtes pas, je te troue la tête. Tu ne sais pas qui je suis», lance Youssef à Michel, choqué et qui quitte les lieux.

Quelques semaines plus tard, sur le R3 près du Cora, Youssef s’emporte cette fois-ci sur Michael. D’après le ministère public, Youssef a encore fait le cowboy dans le double rond-point. Il oblige Michael à s’arrêter et lance une clé à douilles de 48 centimètres, dans la vitre arrière passagère du véhicule alors que la fille de Michael, âgée de 4 ans, est présente à l’arrière.

Une peine de 30 mois de prison ferme a été requise contre Youssef, en récidive et en liberté conditionnelle au moment des faits. «Il minimise son comportement et accable toujours les victimes. Il a probablement pensé que la route lui appartenant et qu’il pouvait faire ce qu’il voulait», s’insurge la substitute Dutrifoy. Me Thomas Cloet, avocat de Youssef, sollicite une peine de travail, souhaitant ne pas voir son client être déclassé. «Il se démène depuis qu’il a retrouvé la liberté. Il a enchaîné 16 emplois depuis 2015. Ce serait dommage de réduire à néant ses efforts.» Jugement, le 20 mars prochain.