BRUXELLES

Musée de l’immigration: le Petit-Château serait un lieu chargé de symbole

Musée de l’immigration: le Petit-Château serait un lieu chargé de symbole

Le gouvernement régional bruxellois voudrait implanter un musée de l’immigration au Petit Chateau à Bruxelles. BELGA

Implanter un musée des migrations au Petit-Château dont le fédéral programme la fermeture prochaine en tant que centre Fedasil tiendrait du «symbole puissant», a affirmé vendredi le ministre-président bruxellois Rudi Vervoort.

Interpellé devant le parlement francophone bruxellois, M. Vervoort a toutefois indiqué que la volonté identifiée tant du gouvernement régional bruxellois que de l’exécutif de la Commission communautaire française de soutenir un projet de ce type devra être «confrontée à la réalité budgétaire».

Comme l’a rappelé le député Ahmed Mouhssin (Écolo), le projet de musée de l’immigration fêtera bientôt ses vingt ans, sous le statut d’espoir non abouti de plusieurs ministres francophones bruxellois successifs (tous socialistes, NDLR), à commencer par Alain Hutchinson. Celui-ci avait annoncé, en 2002, avoir débloqué un montant de 900.000 euros en vue de l’acquisition de l’ancien bâtiment des douanes du site de Tour & Taxis, un an après la première manifestation d’intention politique d’en créer un.

Dans les années qui ont suivi, le ministre-président de l’époque Charles Picqué avait freiné des quatre fers en indiquant que la rénovation, la maintenance et la surveillance du bâtiment poseraient des problèmes financiers. Le bâtiment a fini par être affecté à d’autres fins en 2008. Le projet a été rouvert par Rachid Madrane en 2013 mais, deux ans après son arrivée au gouvernement bruxellois en 2013, Rudi Vervoort a invoqué comme son prédécesseur des problèmes de financement.

Si l’on en croit le ministre-président Vervoort, en charge de la Culture au sein de la CoCof, la question des moyens reste d’actualité, quelle que soit la formule à soutenir (soutien à des projets émergents ou projet bruxellois public et citoyen unique).

«Je n’envisage pas de soutenir un projet pensé par le haut sans une réflexion sur l’inclusion des publics ayant un vécu migratoire», a ajouté vendredi Rudi Vervoort, devant les députés francophones bruxellois.

Celui-ci s’est au passage dit partisan d’un projet de musée des migrations, sous tous les angles, plutôt que d’un musée de l’immigration.

Concernant les lieux, M. Vervoort n’a pas caché que le Petit-Château, actuellement exploité comme centre Fedasil, serait «un lieu chargé de symbole, puissant, concernant la migration à Bruxelles», comme «premier centre d’accueil pour de nombreux migrants», mais aussi comme «symbole d’une autorité publique parfois peu accueillante».