MONDE

Coronavirus: près de 1.400 morts, les premiers rapatriés en France sortent de quarantaine

Coronavirus: près de 1.400 morts, les premiers rapatriés en France sortent de quarantaine

Au total, 181 personnes qui étaient confinées à Carry-le-Rouet (Bouches-du-Rhône), près de Marseille, depuis le 31 janvier et leur retour de Wuhan, épicentre de l’épidémie de nouveau coronavirus, doivent recouvrer leur liberté ce vendredi, certaines de ne pas être contaminées. AFP

Les premiers rapatriés de Wuhan en France ont quitté le centre de vacances où ils étaient confinés depuis 14 jours, avec la certitude de ne pas être contaminés par le nouveau coronavirus.

Après la quarantaine, la liberté: les premiers rapatriés de la ville chinoise de Wuhan ont quitté ce vendredi le centre de vacances où ils étaient confinés depuis 14 jours, avec la certitude de ne pas être contaminés par le nouveau coronavirus.

Au total, 181 personnes qui étaient confinées à Carry-le-Rouet (Bouches-du-Rhône), une station balnéaire près de Marseille depuis le 31 janvier et leur retour de Wuhan, épicentre de l’épidémie de nouveau coronavirus, doivent sortir ce vendredi.

Avant de monter à bord de navettes qui les conduisent à la gare ou l’aéroport, ou de rejoindre des proches venus les chercher, les rapatriés sont passés à travers un sas de sortie, une grande tente blanche où ils ont enlevé leur masque et se sont lavé les mains au gel hydroalcoolique, a constaté l’un des trois journalistes de l’AFP eux-mêmes confinés.

Une certaine émotion pointait à l’heure de quitter le centre et de tenter de reprendre le cours d’une vie normale, pour la première fois depuis qu’ils ont quitté Wuhan. Certains échangeaient des bises en se disant adieu.

Les rapatriés se sont vus délivrer un «certificat de non-contagiosité», a précisé à l’AFP le responsable de la Croix-Rouge sur le site, Marc Zyltman.

«Ce sont des personnes comme vous et moi», a-t-il ajouté. Les autorités n’ont fait état d’aucune contamination au virus à l’origine de la maladie Covid-19 parmi les 181 personnes arrivées le 31 janvier. La ministre de la Santé Agnès Buzyn est attendue en milieu de journée à Carry-le-Rouet.

La veille, les rapatriés ont organisé une petite cérémonie pour remercier les équipes médicales et de la Sécurité civile ainsi que les membres du personnel du centre qui les ont accompagnés.

Avec l’un d’eux au clavier, et un autre à la guitare, ils se sont tous rassemblés dehors pour entonner une chanson écrite sur la base du titre «Aline» de Christophe, transformé en «On va crier, crier, + merci + pour toute votre aide».

Soulagement

Français pour la plupart, certains confinés en famille ou avec leur conjoint étranger, ils sont partagés entre soulagement et crainte d’un saut dans l’inconnu.

Pour Agathe Serres, installée à Wuhan depuis trois ans et demi pour faire une thèse et rapatriée en France en catastrophe «avec juste quelques vêtements» pendant le Nouvel An chinois, cette sortie de quarantaine s’apparente à une vie à reconstruire sous le signe de l’incertitude.

«Il y a un petit peu d’angoisse de savoir comment ça va se passer», confie à l’AFP la jeune femme, aujourd’hui de facto sans université, mais avec, déjà, en ligne de mire un changement radical: le retour chez ses parents.

Parti lui aussi dans la précipitation de Wuhan avec quelques affaires, Vincent Lemarié est dans le doute quant à un potentiel retour dans la ville où il enseignait le français depuis six ans: «Je veux bien rentrer mais pas dans les circonstances actuelles».

D’autres restent confinés

Pendant la période de quarantaine, M. Lemarié a donné chaque jour deux heures de son temps pour apprendre à des rapatriés non francophones les bases de la langue de Molière, contribuant, parmi d’autres, à l’instauration d’un semblant de vie quotidienne au sein du centre, où le port du masque était obligatoire dans les espaces communs.

Après le départ vendredi de ces 181 personnes, 44 resteront encore confinées dans le même centre de vacances, et 113 autres à Aix-en-Provence, dans les locaux de l’École nationale supérieure des officiers de sapeurs-pompiers (Ensosp).

Une partie est arrivée à bord d’un deuxième vol, le 2 février, et leur quarantaine doit se terminer dimanche. Les 35 personnes arrivées, elles, le 9 février, via Londres, devront patienter jusqu’au 23 février.

1.380 morts

Le bilan humain de l’épidémie en Chine continentale est désormais de 63.851 cas confirmés et 1.380 morts. En dehors de la Chine, y compris les régions autonomes de Macao et de Hong Kong, plus de 500 cas et trois morts ont été recensés dans une trentaine de pays et territoires.