LIÈGE

Un policier namurois suspecté d’avoir renversé un cyclomotoriste

Un policier namurois suspecté d’avoir renversé un cyclomotoriste

Le policier encourt une peine de 15 mois de prison. EdA Hermann

Le parquet général a requis jeudi devant la cour d’appel de Liège une peine de 15 mois de prison contre un policier namurois suspecté d’avoir volontairement renversé un cyclomotoriste et de lui avoir porté des coups. L’agent est suspecté de s’être vengé de la victime après un incident de circulation.

Le 28 août 2016, le policier circulait à Namur dans sa voiture personnelle avec des membres de sa famille lorsqu’il avait été confronté à un cyclomotoriste qu’il avait qualifié d’imprudent. Il serait arrivé trop vite en sa direction, en «wheeling» (sur la roue arrière), et aurait porté un coup de pied dans la voiture du prévenu.

Le policier avait décidé de prendre en chasse le conducteur du cyclomoteur et l’avait suivi dans une rue en cul-de-sac. Après un choc, la victime s’était retrouvée au sol. Selon un expert, ce choc avait été donné volontairement par l’automobiliste. Selon des témoins, le policier serait ensuite descendu de son véhicule pour porter des coups de pied et de poing au cyclomotoriste allongé au sol.

Poursuivi pour des faits de coups et blessures volontaires et pour entrave méchante à la circulation, le policier a contesté les faits et affirmé qu’il était intervenu pour verbaliser le cyclomotoriste. Il dit l’avoir repoussé alors qu’il avait une attitude agressive.

Immédiatement après les faits, en attendant l’intervention de ses collègues, le prévenu avait consommé trois bières. Une manœuvre peut-être réalisée pour masquer un état d’imprégnation préalable. Le policier s’était soustrait au contrôle d’alcoolémie et il avait ensuite usé de sa fonction pour obtenir des informations et tenter d’influencer des déclarations dans le cadre de l’accident. L’avocat général a requis une peine de 15 mois de prison.

L’avocat du prévenu a contesté les résultats de l’expertise, le geste volontaire du policier et l’intention méchante. Il a sollicité l’acquittement ou une suspension du prononcé.

L’arrêt sera prononcé le 12 mars.