JUDICIAIRE

Procès du meurtre de Christiane Thys à Charleroi: la défense souhaite entendre d’autres témoins

Procès du meurtre de Christiane Thys à Charleroi: la défense souhaite entendre d’autres témoins

BELGA

Le procès de Youri Fleron (29 ans) et d’Anthony Maitrot (20 ans) a débuté jeudi matin à la cour d’assises du Hainaut à Mons avec une surprise: la défense de Youri a demandé d’entendre d’autres témoins que ceux définis lors de l’audience préliminaire et un devoir complémentaire au sujet des visites de la mère des deux garçons en prison. La cour a refusé.

L’avocate générale, Ingrid Godart, s’est opposée aux demandes de Me Didier De Quévy. La présidente de la cour d’assises, Martine Baes, n’a pas jugé nécessaire de répondre aux demandes de Me De Quévy.

Le corps sans vie de la victime avait été retrouvé le 2 novembre 2017 par ses voisins. Cette dame, née en juillet 1952, était assise sur le sol, contre le canapé, sur du sang. La mort datait de quelques jours, le 23 octobre selon le parquet, car le corps était en état de putréfaction avancée. Cependant, le médecin légiste avait pu relever quatre plaies, dont deux au niveau du cou et une qui a touché le cœur. Des traces de strangulation avaient aussi été relevées lors de l’autopsie.

Pour les enquêteurs, nul doute qu’un vol s’était produit dans l’appartement en raison de nombreux indices. Les policiers se sont intéressés au fils de la victime, laquelle avait porté plainte contre lui en avril 2016 pour des faits de violence, et au voisin très curieux qui s’était volatilisé après les faits mais ces deux pistes ont été rapidement écartées.

L’enquête a rebondi le 14 mars 2018 avec l’audition de la belle-sœur du voisin qui a raconté aux policiers qu’elle avait surpris Youri Fleron, Anthony Maitrot et une jeune femme entrer dans l’immeuble, au début du mois de septembre. Le trio avait balancé un œuf et de la farine sur la tête de Christiane Thys et Youri aurait envisagé de lui voler sa télévision, qui allait trop fort.

Une perquisition a été lancée chez les deux frères. Anthony, chez qui des stupéfiants ont été retrouvés, a contesté les faits avant de se raviser et de déclarer que c’est son frère qui lui avait commandité le vol. Youri conteste être le commanditaire du vol et a déclaré que son frère voulait se venger de la victime, qui l’avait insulté à la fin du mois d’octobre.

Anthony, défendu par Me Couquelet, s’est rétracté le 22 mai devant la chambre du conseil, déclarant que son frère ne lui avait rien demandé. Mais il est revenu sur sa première déclaration le 18 juin 2018, précisant que son frère lui avait fait du chantage, avec le concours de leur mère, lors des visites en prison.

La cour a estimé que des devoirs suffisants avaient été réalisés au sujet de ces visites et que l’audience préliminaire servait à établir une liste définitive de témoins.