ENVIRONNEMENT

Le zéro déchet en Wallonie picarde : l’affaire de tous, pas que des bobos

Le zéro déchet en Wallonie picarde : l’affaire de tous, pas que des bobos

Lors de cette matinée animée par Chantal Notté, Laurent Dupont et Pierre Wacquier (directeur et président d’Ipalle) ont appelé à la «contagion» du zéro déchet. ÉdA – 50480978073

Ipalle a exposé aux communes comment elle peut les accompagner sur le chemin du «zéro déchet» pour tous. Cela s’est traduit à travers une matinée très illustrée ce jeudi 6 février au Negundo3

«Zéro déchet»: ça a l’apparence d’une mode, ça a la couleur d’une mode, mais ce n’est pas une mode. Les incinérateurs avaient résolu le problème des décharges. Puis il y eut le tri, le recyclage, le compostage. Désormais on parle d’économie circulaire où le déchet de l’un peut devenir la matière première de l’autre…

La voie à suivre

Reste que le meilleur déchet, c’est bien celui qui n’a pas été produit. De nouvelles manières de consommer (modérément) sont apparues. Plus bio, plus local, sans emballage… On les a associées à une frange de la population plutôt éduquée, souvent urbaine, les «bobos». Aujourd’hui, de plus en plus de gens ont conscience que c’est la voie à suivre pour limiter notre impact sur une planète certes vaste, mais limitée.

«Par son nouveau plan wallon des déchets-ressources, sa stratégie de développement durable ou son récent arrêté portant interdiction de l’usage de certains ustensiles en plastique à usage unique, la Wallonie a hissé la réduction des déchets et la préservation des ressources parmi ses priorités. Celles-ci sont relayées sur le terrain, entre autres via les intercommunales, à travers les campagnes de sensibilisation, des partenariats et des actions dédiées à la prévention des déchets.» dit-on chez Ipalle.

Parallèlement à ses missions d’élimination des déchets et d’épuration des eaux, l’intercommunale est active dans le domaine de la prévention depuis 20 ans. Cette fois, elle se propose d’accompagner et soutenir les communes de son territoire (Wallonie picarde + Sud Hainaut) dans la conduite de projets «Zéro Déchet».

Ce qui se fait déjà

Jeudi matin à Negundo, des représentants politiques et/ou administratifs de quasi toutes les communes de Wapi ont assisté à une matinée d’info. Ils ont entendu les comptes rendus d’expériences déjà menées par les communes pilotes d’Ath, Comineset Thuin, mais aussi par l’Artem (Mouscron) où le gaspillage alimentaire est en chute libre, et le centre culturel de Silly où des familles pratiquent le zéro déchet (et ne voudraient plus changer).

Histoire de montrer que le «zéro déchet» est une évolution naturelle et pérenne, et donc pas une mode mais bien un mode de vie, les ressourceries La Poudrière – 40 ans de service! – et le Carré, ainsi que les guides composteurs – demain des guides «zéro déchet»? – ont été associés à cette matinée enthousiasmante.

 

 

Le frein? L’habitude. Le moteur? La volonté

 

De 2017 à 2019, vingt communes de Wallonie (dont Ath et Comines) ont testé une méthodologie permettant de prendre le chemin du «zéro déchet». L’ASBL Espace-Environnement qui a encadré les communes pilotes dans cette démarche s’est nourrie de leurs expériences, bonnes ou mauvaises. Puis elle a produit un kit pratique du zéro déchet à l’attention de l’ensemble des communes. «On connaît l’idéal. Mais si vous le fixez d’emblée comme l’objectif à atteindre, vous entraînerez plus de découragement que d’envie, note Nathalie Ricaille, ancienne d’Ipalle, coordinatrice chez Espace-Environnement. Donc montrons ce qui est possible, ce qui existe déjà.»

Le kit se présente sous forme de fiches concises consacrées aux enjeux, à la méthode (diagnostic, élaboration d’un plan), à la mobilisation des énergies disponibles, aux actions concrètes.

De ces trois années passées aux côtés des communes, que retient-elle comme difficulté inattendue, et aussi comme bonne surprise? «Le frein, c’est le cloisonnement. Ce type de projet implique un début, un chemin, une conclusion. Des évaluations en cours de route, de la transversalité entre services. Même si les gens font très bien leur travail chacun à leur poste, on sent qu’il y a de la réticence par rapport à une méthode très différente de ce qu’ils connaissent. En revanche, et ça vient en miroir, on a rencontré une aspiration forte à avancer de la part d’élus, d’agents communaux et de citoyens. Parce qu’en réalité, plein de choses existent déjà. On n’a pas dû prendre notre bâton de pèlerin. Il y a un vivier de partenaires qui n’attendent que ça: que les choses se structurent pour qu’elles deviennent plus efficientes.»

 


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