Kirk Douglas aura marqué le 20 ème siècle

Boxeur, esclave, gladiateur, harponneur, Kirk Douglas a incarné différents rôles dans sa longue carrière. L’acteur est décédé à 103 ans, il aura marqué le XX ème siècle.

Sa fossette au menton et son sourire en coin étaient aussi légendaires que ses films: l’acteur Kirk Douglas, fils d’immigrés juifs désargentés devenu une icône de l’âge d’or d’Hollywood, est mort mercredi à l’âge de 103 ans, a annoncé son fils Michael Douglas.

De son vrai nom Issur Danielovitch Demsky, Kirk Douglas était né le 9 décembre 1916 à Amsterdam, petite ville de l’Etat de New York. Malgré son enfance misérable, ou peut-être à cause d’elle, ce fils de chiffonnier juif ayant fui la Russie n’avait d’yeux que pour le cinéma.

Après s’être enrôlé dans la Marine durant la Seconde Guerre mondiale, il décroche de petits rôles avant de rencontrer enfin le succès avec un rôle de boxeur acharné dans «Le Champion».

Hollywood lui ouvre ses portes et il enchaîne les films, une centaine au total, dont les meilleurs sont devenus des classiques: «20.000 lieues sous les mers» (1954), «Les Sentiers de la gloire» (1957) de Stanley Kubrick, qu’il retrouve pour «Spartacus» (1960) un péplum qui en fait une vedette mondiale.

C’est d’ailleurs avec le mot-dièse #IamSpartacus que de nombreux anonymes lui rendaient hommage mercredi soir sur les réseaux sociaux.

Engagé et entêté

Acteur engagé, proche depuis toujours des démocrates, Kirk Douglas a l’audace, en pleine chasse aux sorcières maccarthyste dans les années 1950, d’embaucher un scénariste figurant sur la liste noire des personnes accusées de sympathies communistes.

Malgré la gloire, les succès et trois nominations dans les années 1950, il n’a jamais obtenu d’Oscar au cours de sa carrière, son grand regret.

Il l’avait eu à portée de main avec «Vol au-dessus d’un nid de coucou», réalisé par Milos Forman en 1975, mais le rôle principal lui avait filé sous le nez.

«C’est une tragédie pour moi. C’est Nicholson qui a eu le rôle et il a eu un Oscar. Et moi je n’en ai pas...», avait avoué Kirk Douglas.

Un Oscar d’honneur en 1996

La légende d’Hollywood aura dû attendre 1996 pour remporter un Oscar d’honneur récompensant l’ensemble de sa carrière. Il venait de subir une attaque cérébrale qui l’avait laissé paralysé d’un côté du visage, ce qui ne l’avait pas empêché de monter sur scène pour recevoir son prix et prononcer un discours.

Bien décidé à ne pas raccrocher les gants malgré ce handicap, Douglas l’entêté avait suivi une longue et pénible rééducation pour réapprendre à s’exprimer.

Il avait ainsi prêté sa voix à un personnage des Simpsons avant de faire des apparitions dans quelques films, comme «Diamonds» en 1999, où il incarnait un boxeur victime d’un AVC... Kirk Douglas avait retrouvé pour l’occasion son amie de toujours, Lauren Bacall.

Après une attaque cardiaque en 2001, il avait retrouvé le chemin des plateaux pour «Une si belle famille», où il figurait en 2003 aux côtés de son fils Michael, de son petit-fils Cameron et de son ex-femme Diana Dill.

En 2009 encore, Kirk Douglas était remonté sur les planches d’un théâtre portant son nom près de Los Angeles pour quatre représentations d’un one-man show autobiographique.

Grand séducteur

En dehors des plateaux, Kirk Douglas multiplie les conquêtes féminines au point d’être considéré comme «le plus grand Casanova d’Hollywood».

«Je n’ai jamais compté les femmes que j’ai eues. Je les aime bien trop pour ça», dit-il. Ce qui ne l’empêche pas d’égrainer les noms de Gene Tierney, Rita Hayworth, Marlene Dietrich, Pier Angeli, Joan Crawford, Ava Gardner...

Il vivait toutefois depuis 1954 avec la même femme, Anne Buydens, une Belge rencontrée en France et devenue sa seconde épouse.

Sur le tard, il se met à l’écriture, publie son autobiographie - «Le fils du chiffonnier» - et plusieurs romans.

Il échappe plusieurs fois à la mort: accident d’hélicoptère en 1991, dont il ne sort que légèrement blessé mais où deux personnes périssent, attaque cérébrale en 1996, attaque cardiaque en 2001.

Une période qui correspond à son retour à la foi: le jour de ses 83 ans, il refait sa Bar Mitzvah, comme à ses 13 ans.

Kirk Douglas laisse derrière lui une dynastie du cinéma. Deux fils comédiens, dont Michael, né d’un premier mariage et désormais au moins aussi célèbre que son père, deux autres fils producteurs, une belle-fille actrice, Catherine Zeta-Jones, et un petit-fils, Cameron, également comédien.

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