SAMBREVILLE

Il voulait «régler l’affaire» définitivement, il a été dénoncé par ses propres avocats

Il voulait «régler l’affaire» définitivement, il a été dénoncé par ses propres avocats

Reporters / QUINET

Le prévenu, de Hamois, aurait proféré des menaces de mort sur son ex-femme lors d’un colloque singulier entre lui et ses conseils.

Tant le président Renaud Hauquier que la défense s’accordent pour dire que la situation constitue une première. Tenus par le secret professionnel, des avocats ont néanmoins décidé de contacter le Parquet de Namur non sans avoir consulté le bâtonnier au préalable. L’objet de leur démarche? Leur client aurait prévenu qu’il allait «régler l’affaire» avec une arme à feu s’il n’obtenait pas gain de cause devant la Cour d’appel de Liège.

En ligne de mire: un volet protectionnel pour ses 4 enfants sollicité par la maman et auquel le prévenu s’oppose. L’homme est donc poursuivi pour faits de menace sous ordre ou sous condition. Prévention qui court du 1er décembre 2017 (date de la rencontre avec les avocats) au mois d’août 2018. L’homme nie les faits qui lui sont reprochés. Il a peut-être évoqué une arme mais les propos qu’il a tenus ont été mal interprétés.

Lui aurait souhaité qu’après la Cour d’appel de Liège, les frais s’arrêtent là. Or les avocats en question auraient, selon leur ex-client, multiplié les démarches. Il s’est donc retrouvé avec une ardoise de 8 000€ qu’il refuse d’honorer.

Serait-ce l’explication? «Il faudrait leur poser la question», suggère le prévenu.

Du côté des parties civiles (l’ex-épouse et son mari), défendues par Me Cassandra Lessire, on estime la démarche des avocats réfléchie et les poursuites recevables. D’autant plus que le prévenu en aurait parlé à au moins quatre interlocuteurs. Celui-ci aurait entre autres déclaré, que s’il n’obtenait pas gain de cause auprès de la Cour d’Appel de Liège, «soit il abandonnerait ses enfants, soit il se suiciderait, soit il tuerait son ex-femme. Et que la 3e solution était la plus vraisemblable

Même son de cloche du côté du Ministère public qui fait aussi état de l’énergie consacrée à faire la publicité de ses menaces. Seul problème, la citation ne vise qu’une période infractionnelle limitée et ne peut prendre en compte ce qui s’est dit avant le colloque singulier du 1er décembre 2017 ni après août 2018. Et quand bien même le Parquet souhaite étendre la période infractionnelle, le prévenu et ses conseils s’y opposent. Une défense qui estime la démarche des avocats «attentatoire à l’image de la profession.» Pour eux, l’attitude des avocats (qui ont prévenu le Parquet avant leur client) «est irrecevable si on s’en réfère au secret professionnel.» Elle sollicite l’acquittement. Jugement le 4 mars.


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