La mission reste de rassembler PS et N-VA

Koen Geens ne va pas «faire un tour pour la galerie», assure Joachim Coens (CD&V). BELGA

Un gouvernement avec le PS et la N-VA reste la mission de Koen Geens, désormais aux manettes, indique l’ex-informateur Coens.

La mission, avec désormais Koen Geens (CD&V) aux manettes, reste de faire un gouvernement fédéral rassemblant PS et N-VA, a clairement fait comprendre dimanche sur le plateau de C’est pas tous les jours dimanche (RTL TVI) le désormais ex-informateur Joachim Coens (CD&V).

Ce dernier, frais président de parti, a rendu son tablier d’informateur au Palais vendredi en compagnie de Georges-Louis Bouchez (MR), le roi faisant ensuite le choix de lancer le vice-Premier Geens dans l’arène, sans titre (informateur, préformateur,…) précis.

Geens, 3e option

Comme Coens et Bouchez l’ont confirmé dimanche aux micros de RTL TVI, le duo souhaitait jusqu’à vendredi transmettre le flambeau à la paire Magnette – De Wever, ou à De Wever seul, Koen Geens n’apparaissant que comme troisième option pour la suite.

Joachim Coens ne fait pas mystère de ce qu’on attend au CD&V: «La coalition Vivaldi, pour nous, est une chose qui n’existe pas pour l’instant», lance-t-il. Une telle alliance des socialistes, écologistes, libéraux et CD&V, ce serait «beaucoup de partis, beaucoup de différences, et même pas de majorité (en Flandre, NDLR)», balaie-t-il.

Le président du CD&V martèle: il est question de trouver une «stabilité». Et «partir de deux majorités, des deux côtés, c’est le plus stable, c’est ce qu’on dit depuis le début!»

Renvoi de la balle au centre, donc, entre un PS et une N-VA dont les positions apparaissent bien éloignées.

CD&V scotché à la N-VA?

Que l’on présente le CD&V comme «scotché» aux nationalistes flamands semble énerver Joachim Coens. «Vous dites souvent que nous sommes fixés sur la N-VA, mais vous aussi, les francophones, êtes fixés sur la N-VA! Ce n’est pas une question d’être “scotchés” ou pas, c’est une question de mettre ensemble une majorité qui existe en Flandre et une majorité qui existe en Wallonie. Je suis autant “scotché” au PS qu’à la N-VA, c’est la stabilité qui est importante», affirme-t-il.

S’il refuse de prononcer un «non» définitif à une Vivaldi, il assure que Koen Geens ne va pas «faire un tour pour la galerie» lors de sa mission. Autrement dit: il ne s’agit pas, selon Joachim Coens, de re-tester la possibilité d’une alliance PS – N-VA uniquement pour démontrer son impossibilité.

Georges-Louis Bouchez, présent un peu plus tard sur le même plateau, semble moins convaincu, tout en refusant lui aussi d’énoncer un «non» clair à l’une ou l’autre option: «La solution PS – N-VA, nous l’avons testée sérieusement pendant une vingtaine de réunions […] Force est de constater qu’il n’y a pas d’accord. Mais peut-être que Koen Geens envisage une autre orientation que l’on n’a pas vue».

«À cause de symboles»

L’ex-informateur assure que le MR peut rentrer aussi bien dans ce qu’il appelle la formule «Andorre», que l’on imagine rassembler libéraux, socialistes, N-VA et CD&V, que dans une Vivaldi.

Il égratigne quand même au passage les socialistes, pointant du doigt les «exclusives qui bloquent la formation d’un gouvernement» et les «petits jeux politiciens». «La difficulté aujourd’hui, c’est que ça ne bloque pas à cause de programmes mais de symboles», estime le Montois. Il rejette ainsi ce que le PS avance comme arguments pour refuser d’embarquer avec la N-VA: «Pendant ma mission, il n’a jamais été question de refuser la pension à 1 500€, ou de scinder la SNCB. Il n’y a pas eu de volet confédéralisme en 2024. Ce n’est pas de ça que nous avons débattu».

Un Flamand sur deux prêt à revoter

La moitié des Flamands souhaite que de nouvelles élections fédérales soient organisées, selon un sondage réalisé par Het Nieuwsblad auprès de 1 800 Belges. Interrogés sur qui blâmer pour la situation politique actuelle, quatre Flamands sur dix pointent la N-VA, trois sur dix le PS. L'impasse politique rend la piste de nouvelles élections de moins en moins taboue. Mais est-ce bien ce que l'électeur souhaite? Pour la moitié des habitants du nord du pays, c'est le cas, révèle ce sondage. En revanche, à Bruxelles, seulement 37% sont favorables à cette idée, et en Wallonie encore moins. Au sud du pays, seul un répondant sur trois envisage cette piste d'un nouveau scrutin.