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Virus chinois: le point en direct

Virus chinois: le point en direct

Des scientifiques ont utilisé un échantillon d’un patient traité à l’hôpital royal de Melbourne depuis vendredi, et sont les premiers, hors de la Chine, à réussir à cultiver ce nouveau virus. (photo d’illustration) AFP

Près de 6 000 personnes ont été infectées en Chine par la nouvelle forme de coronavirus, ont confirmé les autorités chinoises mercredi. Par ailleurs, des scientifiques australiens sont parvenus à cultiver en laboratoire le virus.

Deux compagnies aériennes ont suspendu mercredi leurs vols vers la Chine continentale, où l’épidémie de pneumonie virale a déjà fait plus de malades que le Sras, tandis que plusieurs centaines de ressortissants japonais et américains étaient évacués de Wuhan, berceau du virus.

Vingt-six décès supplémentaires dus au nouveau coronavirus ont été enregistrés depuis la veille, ont indiqué mercredi les autorités sanitaires, faisant état au total de 132 morts et 5.974 cas confirmés de contamination en Chine continentale (hors Hong Kong).

Un chiffre qui dépasse désormais le nombre d’infections enregistré lors de l’épidémie de Sras (Syndrome respiratoire aigu sévère) en 2002-2003, un précédent coronavirus qui avait contaminé dans le pays 5.327 personnes. Le Sras avait fait 774 morts dans le monde, dont 349 en Chine continentale.

Si l’essentiel des contaminations par le nouveau virus a eu lieu en Chine, une quinzaine de pays sont également touchés, les Emirats arabes unis faisant état mercredi du premier cas avéré au Moyen-Orient.

Les compagnies aériennes suspendent leurs vols

Signe d’un durcissement des mesures de précaution à l’étranger, British Airways a annoncé mercredi la suspension immédiate de tous ses vols vers la Chine continentale.

La compagnie britannique précise suivre la consigne du Royaume-Uni qui, à la suite des États-Unis et de l’Allemagne notamment, déconseille à ses ressortissants tout voyage dans le pays.

Dans la foulée, la compagnie indonésienne Lion Air, qui exploite la plus grande flotte d’Asie du Sud-Est, a annoncé faire de même, à partir du 1er février. La compagnie hongkongaise Cathay Pacific, l’américaine United Airlines et Air Canada avaient déjà annoncé leur intention de réduire leur desserte.

Hong Kong a par ailleurs annoncé fermer six de ses 14 points de passage avec le reste de la Chine.

Les rapatriements se multiplient

Dans le même temps, le Japon et les États-Unis ont été mercredi les premiers pays à engager le rapatriement d’une partie de leurs ressortissants, piégés à Wuhan (centre), où est apparu en décembre le nouveau coronavirus.

Cette ville et la quasi-totalité de la province du Hubei sont coupées du monde depuis le 23 janvier par les autorités dans l’espoir d’endiguer l’épidémie. Ce cordon sanitaire concerne 56 millions d’habitants et quelques milliers d’étrangers.

Un avion transportant quelque 200 ressortissants nippons s’est posé en début de matinée à Tokyo.

«Nous ne pouvions plus circuler librement […] Le nombre de malades a commencé à s’envoler rapidement à un certain point, c’était effrayant», a témoigné à son arrivée l’un des rapatriés, Takeo Aoyama, salarié de l’entreprise sidérurgique Nippon Steel.

Un avion envoyé par les États-Unis a également décollé mercredi de Wuhan avec environ 200 personnes à bord, membres du personnel de leur consulat local ainsi que d’autres ressortissants américains.

Près de 600 citoyens européens veulent être rapatriés de Chine face à la propagation du nouveau coronavirus, a annoncé mercredi la Commission européenne, qui recommande à son personnel de ne pas y voyager. Les personnes évacuées vers la France et l’Allemagne subiront ensuite une période de quarantaine de 14 jours, conforme au délai d’incubation du virus.

L’Australie, qui réfléchit également à une évacuation, envisage de placer ses ressortissants en quarantaine sur l’Île Christmas, dans l’océan Indien.

Dans le reste de la Chine, où les congés du Nouvel an lunaire ont été prolongés jusqu’au 2 février, la plupart des habitants, effrayés, désertent centres commerciaux, cinémas et restaurants.

A l’instar de plusieurs autres compétitions sportives (cyclisme, football, tennis), les épreuves de Coupe de monde de ski alpin prévues en Chine en février ont été annulées.

Le reste du monde répond

Signe alarmant: l’apparition de premiers cas de transmission directe du virus entre humains hors de Chine. Le Japon a dévoilé mardi la contamination d’un sexagénaire qui ne s’était jamais rendu en Chine, tandis que l’Allemagne faisait état de la première transmission directe du virus sur le sol européen.

La France, de son côté, enregistre son quatrième malade, un touriste originaire du Hubei qui se trouve dans un «état clinique sévère» dans un hôpital parisien.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé mardi l’envoi «dès que possible» en Chine d’experts internationaux afin de mettre en commun les connaissances sur le virus et apporter une «réponse mondiale».

 

 

«L’épidémie est un démon. Nous ne permettrons pas au démon de se cacher», a assuré le président Xi Jinping.

Les États-Unis ont cependant appelé la Chine à «plus de coopération et de transparence». En 2002, le régime chinois avait été accusé d’avoir dissimulé l’apparition du Sras.

Alors que la recherche d’un vaccin – entamée notamment par plusieurs laboratoires et firmes aux États-Unis – devrait prendre des mois, des scientifiques de l’Institut Doherty en Australie ont annoncé être parvenus à répliquer en laboratoire le coronavirus, une étape considérée cruciale.

Au-delà du secteur aérien, la crise pourrait assombrir une économie mondiale fragile.

Le géant américain de l’électronique Apple a reconnu des incertitudes sur ses chaînes de production en Chine. De même, le géant automobile japonais Toyota a annoncé mercredi qu’il prolongeait d’une semaine la suspension de la production dans ses trois usines en Chine, jusqu’au 9 février.

 

LE POINT EN DIRECT

Toyota: les usines chinoises restent fermées

Le géant automobile japonais Toyota a annoncé mercredi qu’il prolongeait d’une semaine la suspension de la production dans ses trois usines en Chine, jusqu’au 9 février inclus, en conséquence de la crise sanitaire causée par le nouveau coronavirus.

«Nous allons surveiller la situation et prendre une nouvelle décision après cette date», a indiqué à l’AFP un porte-parole du groupe. Opérées avec ses partenaires automobiles locaux GAC et FAW, ces trois usines étaient déjà à l’arrêt cette semaine en raison des congés du Nouvel An chinois.

L’équipe de foot féminine en quarantaine

L’équipe féminine chinoise de football a été placée en quarantaine dans un hôtel de Brisbane à son arrivée en Australie pour un match des éliminatoires des Jeux olympiques, de crainte de la propagation du nouveau coronavirus, ont annoncé les autorités.

«Elles ont été très coopératives, comme l’a été le consulat chinois», a déclaré à la chaîne ABC la cheffe du département de la Santé de l’État du Queensland, dont Brisbane est la capitale, Jeannette Young, tout en précisant qu’il s’agissait d’une mesure de précaution, aucune joueuse ne présentant de symptômes de la maladie.

D’autres pays, comme la Guinée équatoriale, ont par ailleurs choisi de mettre en quarantaine toute personne en provenance de Chine.

Ikea ferme la moitié de ses magasins en Chine

Ikea a décidé de fermer temporairement la moitié de ses magasins en Chine, car le nombre d’infections par le coronavirus continue d’augmenter et que la situation sanitaire n’est toujours pas sous contrôle. «La santé et la sécurité du personnel et des clients sont nos priorités», justifie le géant suédois du mobilier.

Ikea possède trente magasins en Chine et emploie environ 14.000 personnes. Le magasin de Wuhan, où se trouve l’épicentre de l’épidémie, est déjà fermé depuis une semaine.

En outre, Ikea a également interdit tous les voyages d’affaires vers et depuis la Chine.

McDonald’s a fermé «plusieurs centaines de restaurants» en Chine à cause du virus

Le géant de la restauration rapide McDonald’s a précisé mercredi avoir fermé «plusieurs centaines» de restaurants dans la province de Hubei, au centre d’une épidémie du nouveau coronavirus en Chine, tout en soulignant qu’environ 3.000 établissements restaient ouverts dans le pays.

La situation y reste «fluide» et «inquiétante», a souligné un responsable du groupe lors d’une conférence téléphonique suivant la diffusion de ses résultats financiers.

Pour l’occasion, McDonald’s a constitué un groupe de travail sur le contrôle et la prévention de l’épidémie, réfléchissant notamment à la façon de travailler dans les cuisines ou à la livraison de repas aux soignants dans les hôpitaux.

Le groupe souligne toutefois que l’impact sur ses résultats devrait être «assez réduit» si l’épidémie reste contenue dans le pays. La Chine compte 9% des fast-foods de McDonald’s mais représente seulement 4% à 5% de ses ventes globales et environ 3% de son bénéfice opérationnel.

La chaîne américaine Starbucks avait déjà annoncé mardi avoir fermé plus de la moitié de ses cafés dans le pays.

«Nous avons dans l’immédiat deux priorités clés en Chine: premièrement, prendre soin de la santé et du bien-être de nos partenaires et clients dans nos magasins, deuxièmement, jouer un rôle constructif en soutenant les responsables politiques et de santé locaux», a affirmé le directeur général Kevin Johnson, lors d’une conférence téléphonique à l’occasion de la diffusion des résultats financiers.

Le directeur financier de Starbucks, Patrick Grismer, a de son côté souligné que la Chine représentait «seulement» 10% du chiffre d’affaires mondial du groupe. «L’ampleur de l’impact» de la crise sanitaire «dépendra de la durée de la fermeture des magasins», a-t-il ajouté.

Le chef de l’OMS convoque une nouvelle réunion d’urgence jeudi

Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé mercredi qu’il allait à nouveau convoquer jeudi le comité d’urgence sur le coronavirus apparu en Chine afin de déterminer si l’épidémie constitue ou non une alerte internationale.

«J’ai décidé de réunir à nouveau demain le Comité d’Urgence du Règlement Sanitaire International sur le nouveau #coronavirus (2019-nCoV) pour me conseiller sur la question de savoir si l’épidémie actuelle constitue une urgence de santé publique de portée internationale», a écrit Tedros Adhanom Ghebreyesus dans un tweet.

Des masques et des gants pour les douaniers des aéroports belges

À la demande des syndicats et par mesure de précaution, les douaniers des aéroports du pays porteront des masques, en plus des gants, indiquent des représentants syndicaux du secteur et le SPF Finances mercredi. «Des membres du personnel se demandaient effectivement comment adopter une attitude protectrice», souligne Pascal Tytgat, de la CSC Services publics, qui précise que les douaniers portent déjà des gants dans l’exercice de leur fonction.

Kristian Vanderwaeren, administrateur général des Douanes et accises, a informé le personnel lundi de cette obligation de porter un masque et des gants, «avec effet immédiat». Il y a toutefois «peu de risques de contamination dans le chef des douaniers, qui contrôlent les marchandises», estime Francis Adyns, porte-parole du SPF Finances.

«Nous avions interpellé l’autorité afin de faire le point sur la situation car des agents de terrain étaient inquiets», confirme Aubry Mairiaux, du syndicat UNSP Finances. «Nous trouvions légitime de demander un principe de précaution et nous sommes très contents que l’autorité ait pris ses responsabilités.»