L’antivirus gratuit le plus populaire pille vos données personnelles

L’antivirus gratuit le plus populaire pille vos données personnelles

Ce logiciel gratuit ne fait pas que vous protéger contre les menaces en ligne, il vous surveille également pas à pas, en toute indiscrétion. ibravery - stock.adobe.com

Ce célèbre antivirus gratuit analyse et monnaie vos moindres faits et gestes en ligne.

L’éditeur d’antivirus Avast est au cœur de la tourmente. En ligne de mire: une enquête fracassante menée par Motherboard et PCMag. En résumé: une filiale de la firme tchèque monnaie les données personnelles de navigation collectées par les logiciels Avast.

Avast, c’est notamment «le meilleur antivirus gratuit», clame la page d’accueildu site officiel. «Protection légère et intuitive boostée par une communauté de 400 millions de super-héros.»

Avast Antivirus gratuit est régulièrement présenté par les sites spécialisés comme la solution de référence à l’heure de protéger gratuitement son ordinateur.

L’antivirus gratuit le plus populaire pille vos données personnelles
Avast n’a pas peur de vanter les mérites de son antivirus gratuit, mais oublie sur son site de révéler sa dimension indiscrète. Capture d’écran

Hélas, à en croire la minutieuse enquête publiée à cette adresse, Avast traite ses « 400 millions de super-héros» comme des vaches à lait.

La mécanique est implacable: traire et extraire les données personnelles, les vendre à de grands groupes comme Google, Microsoft, Pepsi...

Indiscrétion maximale

C’est la deuxième fois en quelques mois que les pratiques d’Avast sont pointées du doigt.

En octobre 2019, un chercheur en sécurité révélait que l’éditeur collectait les données de ses utilisateurs via le plugin pour navigateur.

Cette fois, c’est le logiciel à télécharger Avast Antivirus gratuit qui est dans l’œil du cyclone.

Après avoir incité l’utilisateur à cocher une case d’autorisation de collecte des données, le programme pille consciencieusement les infos sensibles.

Sont notamment concernés:

- L’historique de navigation.

- Les recherches Google.

- Les recherches Google Maps ainsi que les localisations.

- Les vidéos visionnées sur YouTube.

- Les pages visitées sur le réseau professionnel LinkedIn.

C’est une filiale baptisée Jumpshot qui se charge de créer des «packages» à partir de ces données, avant de le vendre à des grandes compagnies.

L’enquête souligne que «certains clients paient des millions de$ pour des produits (…) qui sont capables d’analyser avec une haute précision le comportement en ligne, les clics et les mouvements à travers les sites.»

Même les visites sur les sites pornographiques sont passées au crible.

«Il est possible de déterminer à partir des données collectées à quelles dates et à quelles heures un utilisateur anonymisé a visité YouPorn et PornHub, et dans certains cas quels termes ont été recherchés, quelles vidéos ont été visionnées.»