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Cas de coronavirus en Allemagne: première contamination entre humains sur le sol européen

Cas de coronavirus en Allemagne: première contamination entre humains sur le sol européen

AFP

Le premier cas de coronavirus chinois a été confirmé en Allemagne, ont indiqué les autorités sanitaires de Bavière. Deux cas ont également été signalés au Canada.

Le patient est un homme vivant à Starnberg, à 30 km de Munich (sud). Il se trouve dans un état stable, selon une déclaration de l’agence de sécurité sanitaire bavaroise (LGL). Il est surveillé par une équipe médicale et a été isolé.

Ce premier malade confirmé au coronavirus en Allemagne a été contaminé par une autre personne sur le sol allemand même, ont annoncé mardi les autorités sanitaires de l’Etat régional de Bavière.

Les personnes qui ont été en contact étroit avec le patient ont été informées sur les symptômes, les mesures d’hygiène et la manière dont le virus se propage.

Selon le décompte de l’AFP, il s’agit du premier cas de contamination entre humains sur le sol européen, les autres patients signalés en Europe ayant été infectés lors d’un séjour en Chine.

L’agence de sécurité sanitaire bavaroise a ajouté que le risque de contagion est considéré comme bas par les experts.

Deux premiers cas au Canada, 19 en cours d’examen

Un premier cas d’infection au coronavirus a été confirmé à Toronto chez un homme qui aurait également infecté son épouse, ont annoncé lundi les autorités sanitaires du Canada où 19 autres personnes font l’objet d’examens en Ontario.

Un laboratoire de Winnipeg a confirmé la contamination par le virus d’un homme d’une cinquantaine d’années arrivé à Toronto en provenance de Wuhan, point de départ de l’épidémie en Chine.

L’infection de sa femme était en revanche toujours «présumée» lundi dans l’attente des résultats de l’analyse, ont annoncé les autorités de l’Ontario.

«Nous avons également 19 personnes qui font l’objet d’examens dont les résultats sont toujours en attente», a précisé Barbara Yaffe, l’une des responsables des autorités médicales de la province. «Nous avons écarté (toute contamination) pour 15 ou 16 autres personnes», a-t-elle précisé lors d’une conférence de presse.

La province d’Ontario avait annoncé samedi qu’un premier cas présumé du nouveau virus avait été détecté chez un homme d’une cinquantaine d’années qui avait séjourné à Wuhan et était arrivé le 22 janvier au Canada.

Sa femme, qui avait voyagé avec lui, a également contracté le virus et a été placée à l’isolement, a précisé lundi dans un communiqué le médecin en chef de la province, David Williams.

«Étant donné qu’elle a été mise à l’isolement, les risques pour les Ontariens demeurent limités», a-t-il souligné. En fin de journée, le ministère canadien des Affaires étrangères a annoncé qu’il déconseillait à présent tout voyage dans la province du Hubei, épicentre de l’épidémie qui a déjà fait plus de 100 morts.

Le premier malade canadien confirmé ne s’est apparemment pas manifesté en débarquant de l’avion. Ce n’est que plus tard, une fois rentré chez lui, qu’il a appelé les services d’urgence en précisant d’où il venait, ce qui a permis de prendre les précautions nécessaires pour le transporter et le placer en isolement dans un hôpital de Toronto, avait indiqué la veille le Dr Theresa Tam, cheffe de l’Agence de santé publique du Canada.

Elle a précisé que les autorités sanitaires avaient commencé à contacter des passagers se trouvant à proximité du patient à bord du vol CZ311 de la compagnie China Southern Airlines. Le Dr Tam a souligné que les passagers se trouvant à plus de deux mètres du passager n’avaient pas de raisons de s’inquiéter.

Plus de 100 morts en Chine, des cas dans une quinzaine de pays

Le nouveau coronavirus, qui provient de la ville de Wuhan, au centre de la Chine, a tué jusqu’à présent plus de 100 personnes dans l’empire du Milieu et contaminé plus de 4.500 personnes.

Des cas ont été confirmés en Corée du Sud, à Taïwan, en Thaïlande, au Népal, en Arabie saoudite, à Singapour, aux États-Unis, en France, au Canada, au Japon, en Malaysie, au Canada et en Australie.

La Chine recommande à ses citoyens de reporter les voyages à l’étranger

La Chine, engagée dans une bataille pour endiguer l’extension de l’épidémie de coronavirus, a recommandé mardi à ses ressortissants de reporter leurs projets de voyages à l’étranger.

«Il est recommandé aux résidents» de Chine continentale «de reporter la date prévue de leurs voyages sans nécessité particulière», a indiqué dans un communiqué l’Administration nationale de l’immigration.

«Réduire les déplacements transfrontaliers contribue à contrôler l’épidémie», a-t-elle ajouté, affirmant adopter cette recommandation «pour protéger la santé et la sécurité des Chinois comme des étrangers».

Pékin a par ailleurs suspendu depuis lundi les voyages organisés en Chine et à l’étranger.

L’épidémie de pneumonie virale, déclenchée par un nouveau coronavirus apparu en décembre à Wuhan, dans le centre du pays, a déjà fait au moins 106 morts en Chine, avec au moins 4.500 cas de contamination confirmées.

Une cinquantaine d’autres malades ont été répertoriés dans le reste du monde, et une douzaine de pays ont été atteints par le virus, de l’Asie et l’Australie à l’Europe et à l’Amérique du Nord.

De nombreux Etats ont renforcé les mesures de précaution à leurs frontières.

Dans le même temps, les personnes originaires de la province chinoise du Hubei, épicentre de l’épidémie, ont été interdites de séjour en Malaisie. La suspension des voyages chinois à l’étranger fait redouter un coup de froid économique pour les pays, notamment en Asie, dont l’économie profite largement des visites et dépenses de touristes chinois.