LIÈGE

Cinq pavés en mémoire d’une famille juive déportée pendant la guerre inaugurés

Vendredi, cinq pavés de la mémoire ont été inaugurés à Liège. Ils ont été placés rue Sainte-Marguerite, à l’endroit où vivait autrefois la famille juive d’origine polonaise Frydman-Kierkowski, déportée durant la guerre.

Cette inauguration a été portée par un groupe de 30 élèves et trois membres du corps enseignant du centre d’enseignement liégeois S2J. «Les jeunes se questionnent beaucoup sur la Shoa. Dans notre établissement, ils sont nombreux à faire partie de familles d’immigrés et ils subissent la stigmatisation. On a donc observé une réelle motivation de la part des élèves pour ce projet», explique Philippe Renette, professeur de langue.

Si l’école et ses trois membres du personnel en charge de la mémoire sont à l’origine du projet, ils ont pu le concrétiser avec l’aide de l’Association pour la Mémoire de la Shoah, du Territoire de la Mémoire et de la Fondation Auschwitz.

Vendredi, des membres de chaque association, ainsi que plusieurs étudiants, ont pris la parole durant la cérémonie. Cette dernière s’est ensuite prolongée dans la rue Sainte-Marguerite, là où autrefois se tenait la maison de la famille Frydman-Kierkowski.

David Frydman, coiffeur, et Hena Kierkowsk, mère au foyer, avaient quitté la Pologne pour atterrir à Liège en 1929. Ils avaient trois enfants de 14, 12 et neuf ans lorsque le père a été livré par l’administration communale de Liège à l’occupant nazi. Il a d’abord été déporté pour travailler sur le mur de l’atlantique au camp de Dannes-Camier, avant d’être conduit à Auschwitz.

Cette même année, son épouse Hena et deux de leurs enfants, Szajndla et Charles, ont été arrêtés chez eux et envoyés à Auschwitz. Leur fille ainée, Frajdla, sera cachée par des voisins. Arrêtée un an plus tard, elle sera également déportée à Auschwitz. Elle sera la seule à en sortir vivante.

En Belgique, plus de 500 pavés de ce type ont déjà été inaugurés. Une quinzaine d’entre eux marquent le sol liégeois de leur mémoire. «Un rappel discret et percutant de notre histoire», comme l’a énoncé l’une des étudiantes de l’établissement lors de son discours.

Après avoir visité la Caserne Dossin, ce devoir de mémoire se terminera en avril prochain pour les élèves de l’établissement S2J, par la visite des Camps d’Auschwitz et de Birkenau en Pologne. «On proposera ensuite aux élèves de partager leur expérience avec les membres de leurs classes respectives. On préparera également une exposition sur notre voyage, qui sera présentée à la journée portes ouvertes», poursuit Philippe Renette.