FRANCE

Capture de dauphins par des pêcheurs français: une ONG dénonce la situation et se retrouve surveillée

Capture de dauphins par des pêcheurs français: une ONG dénonce la situation et se retrouve surveillée

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L’ONG Sea Shepherd, qui agit pour la protection des écosystèmes marins, a dénoncé la capture de dauphins par les pêcheurs français. Son navire serait surveillé depuis lors.

Sea Shepherd France a mis en ligne, dimanche dernier, une vidéo montrant deux pêcheurs en train de découper un dauphin à bord d’un bateau pour prélever sa viande, tout en plaisantant sur l’opportunité de manger «un bon bifteck».

Le Comité national des pêches maritimes et des élevages marins a «condamné avec la plus grande fermeté le contenu de la vidéo» et a alerté la Direction des pêches maritimes pour «qu’une enquête soit rapidement ouverte», selon un communiqué.

ATTENTION, mes images ci-dessous peuvent heurter la sensibilité des spectateurs.

Si la vidéo aurait été tournée il y a «trois ou quatre ans», selon l’ONG, elle a décidé de la diffuser sur les réseaux sociaux après avoir découvert deux dauphins dépecés sur la plage de La Torche, en Bretagne (ouest), mi-janvier. Rien n’aurait donc changé depuis.

Le surveillant surveillé

Présent dans le golfe de Gascogne ces jours-ci, le Sam Simon, un navire de l’ONG, surveille les navires de pêches afin de dénoncer la capture accidentelle des dauphins, animal protégé.

Mais c’est désormais le Sam Simon qui se retrouve surveillé par un navire de la Marine Nationale et de la gendarmerie, selon l’organisation. Plusieurs tweets de Sea Shepherd montrent notamment le Thetis, un navire militaire français, suivre son bateau.

De leur côté, les pêcheurs apprécient peu la surveillance dont ils sont l’objet de la part de l’ONG et dénoncent des «provocations». Sea Shepherd assure vouloir seulement faire respecter un arrêté de 1970, précisant qu’il est «interdit de détruire, de poursuivre ou de capturer, par quelque procédé que ce soit même sans intention de les tuer, les mammifères marins de la famille des delphinidés (dauphins et marsouins)».

Les tensions entre l’ONG et les pêcheurs restent vives, notamment après un incident survenu le 5 janvier dernier, lors duquel un projectile aurait été lancé depuis un fileyeur en direction du navire de l’ONG.

Contacté par le journal français Le Télégramme, le président du comité des pêches du Finistère, assure qu’aucun incident n’a été constaté ces derniers jours. «Suite aux événements survenus entre le 5 janvier, nous avons mis en place un protocole: les pêcheurs doivent filmer les actions de Sea Shepherd, sans jamais intervenir», explique le comité des pêches.

Si l’on se réfère aux dernières données disponibles sur différents sites permettant de suivre le trafic maritime, le Sam Simon se trouve toujours dans le golfe de Gascogne afin de suivre la pêche. Les navires militaires et de la gendarmerie seraient, eux, rentrés au port à l’heure d’écrire ces lignes.

Selon l’ONG, 11 300 dauphins ont été tués l’hiver dernier.