ÉCONOMIE

Nethys a versé 20 millions… à une société de consultance

Nethys a versé 20 millions… à une société de consultance

La somme versée par Nethys à un bureau de consultance interroge. BELGA

En cinq ans, Nethys a versé 20 millions au consultant McKinsey, un montant qui suscite de vives interrogations au sein de Nethys et de sa maison mère Enodia.

Vingt millions d’euros. La somme versée par Nethys à un bureau de consultance interroge. À tel point que Julie Fernandez Fernandez, la présidente d’Enodia, met en doute l’objectivité du consultant dans une interview accordée ce vendredi à «L’Echo».

«Entre 2014 et 2019, Nethys a payé 20 millions d’euros à McKinsey, 20 millions! C’est beaucoup d’argent. On a décidé de screener l’ensemble des factures», annonce Mme Fernandez. «Je peux déjà vous dire que les factures concernant les études de McKinsey sur les ventes de VOO, Elicio et Win ne seront pas payées. Je n’ai pas encore le détail sur les montants concernant ces factures mais si elles ont été payées, nous ferons le nécessaire pour récupérer les montants, à l’amiable ou autrement», assure-t-elle.

Elle va jusqu’à mettre en doute l’objectivité du consultant: «Quand on donne 20 millions à un consultant sur cinq ans, on peut légitimement se poser la question de l’objectivité de McKinsey, surtout quand on voit le résultat de son travail sur les ventes qui ont été annulées par le gouvernement.»

«Je me sentais trahie»

Elle explique que «tous les comptes, toutes les factures sont analysés, particulièrement quand les mouvements d’argent ont été très importants», souhaitant que «toute la clarté» soit faite. «Si des choses illégales ont été commises, il faudra être intransigeant. Chaque fois qu’on pourra récupérer un euro, il faudra le faire», garantit-elle.

Nommée président d’Enodia en novembre, Julie Fernandez Fernandez se dit indignée «en tant que femme socialiste de gauche» dans le dossier Nethys par «bien sûr les indemnités et les sommes d’argent mais il y a surtout la façon dont on a parfois méprisé et maltraité le personnel durant de nombreuses années. […] Quand je suis arrivée ici, je me sentais trahie».

Interrogée sur un éventuel message à passer à Stéphane Moreau, elle répond par la négative: «Ma grand-mère me disait en espagnol qu’il n’y a pas de plus beau mépris que le silence.»