TOURNAI

Le Tournai d’avant: l’exemple stimule, la ville se met au vert

Devant l’attrait des parterres, fruitiers et potagers grandit l’influence de la Société d’Horticulture. En promouvant une gradation bien étudiée dans le programme, des fleurs aux fruits, de la culture forcée au maraîchage (1832), elle s’adresse à tous.

Dans la mouvance de sa renaissance industrielle et culturelle, Tournai se fait une place enviable. N’accueille-t-elle pas nos rois sept fois en ce XIXe? L’honneur fait à leur cité est bien compris des habitants qui se pressent en foules enthousiastes, avec arcs de triomphe grandioses, illuminations superbes et émulation incroyable parmi les sociétés et groupements divers.

Ce qui frappe, c’est la simplicité de nos souverains et de leur famille. Ils assistent aux banquets, bals, revues militaires de l’armée et autres grandiloquences tout en se montrant proches de leurs sujets. Des nombreuses anecdotes connues, citons de Léopold 1er une arrivée trop hâtive en 1832 porte Marvis et communion avec les badauds et sa promenade pédestre, parmi la foule depuis la gare du quai de l’Arsenal (Sakharov) à l’évêché le 13 septembre 1854, un triomphe.

La Société d’Horticulture se joint naturellement à ces festivités; à plusieurs reprises, la visite et les commentaires flatteurs du souverain et de sa famille sont cités. Un encouragement.

Des émules, donc une école

C’est très bien mais insuffisant car la volonté de s’ouvrir à tous les milieux taraude les membres d’une société présidée par B.C. du Mortier et qui compte, en 1865, 14 administrateurs choisis parmi la «bonne société», 33 membres correspondants tant en Belgique qu’en France ou en Suisse; 229 membres titulaires dont la liste comprend tous ceux qui, à Tournai, ont une influence certaine dans les mondes culturel, économique, politique, militaire. Ce qui leur donne un poids sensible dans la gestion de la ville.

En 1860, lors de son A.G,. la Société d’horticulture décide de promouvoir l’accès aux métiers de la terre et de créer une école spécialisée dans la théorie et la pratique de la culture des fleurs, arbustes, fruitiers.. Cette école existe encore au boulevard Léopold, nous y reviendrons.

Énorme transition

Dès 1863, le changement de notre politique défensive rend inutiles citadelle et remparts dont la démolition commence aussitôt. D’immenses terrains sont libérés sont mis à la disposition des bâtisseurs. S’ouvrent les faubourgs se couvrant de maisons avec jardins.

À Tournai-ville, l’échevin de travaux, Louis Delwart, a une vision précise de l’avenir de sa ville. Il veut lui donner de l’air, de la lumière, de la vie, des arbres et des fleurs, Il y est attaché car dans la mouvance de son mandat auprès de la Société d’horticulture, il en est un commissaire écouté. L’idée de transformer cette ceinture en parcs et jardins est un peu folle d’autant qu’elle va à l’encontre des intérêts particuliers mais elle se réalise.

Naissent donc, au fil des décennies qui suivent, les boulevards qui circonscrivent la ville. Des artères modernes, larges, avec voies latérales pour les cavaliers et les usagers faibles. La topographie des boulevards Lalaing, Bara et Léopold en garde traces.

Au nord, là où la voirie s’écarte du tracé de l’enceinte sont créés des parcs et squares le long des quais de la Petite rivière, du Château à Marvis, ils sont des oasis où il fait bon se promener.

Des arbres, il en est aussi planté sur divers quais de l’Escaut, Vifquin Dumon.. Toutes ces plantations n’ont pas survécu aux changements sociétaux, mais les conceptions changent actuellement.

(À suivre)