NAMUR

Maxime Prévot «sorti de son lit» par de jeunes agriculteurs

Une délégation de la Fédération des Jeunes Agriculteurs s’est rendue chez le président du cdH de bonne heure.

Le président du cdH, Maxime Prévot, a été symboliquement sorti de son lit jeudi matin par une délégation de la Fédération des jeunes agriculteurs. Celle-ci s’est rendue chez le leader du parti humaniste vers 7h avec deux tracteurs.

Désemparés par la précarité qui touche leur secteur, les agriculteurs sont arrivés chez Maxime Prévot vers 7h avec deux tracteurs donc. Accueillis avec des pains au chocolat et du café, ils se sont ensuite entretenus pendant plus d’une heure dans sa salle à manger.

La jeunesse agricole réclame que les marges bénéficiaires soient réparties avec plus de transparence et un meilleur équilibre entre les différents acteurs de la chaîne agroalimentaire. Elle a déjà mené une large campagne d’affichage à travers toute la Wallonie et attend désormais des mesures fortes des futurs partenaires d’une coalition fédérale.

 

C’est notre modèle d’agriculture familiale qui est menacé

 

«Nos coûts de production sont à la hausse depuis plusieurs années et beaucoup vendent à perte», a expliqué Pierre André, président de la FJA. «Or, nous n’avons aucune idée de ce que les autres maillons de la chaîne font comme marge sur nos produits. Avec ce manque de transparence, c’est notre modèle d’agriculture familiale qui est menacé car beaucoup sont sur le point de mettre la clé sous la porte. Ce que l’on attend, c’est que le prochain gouvernement légifère pour que les producteurs soient mieux rétribués. La solution serait notamment la création d’un observatoire du prix et des marges cohérent et fonctionnel à court terme.»

«Peu se rendent compte de la gravité dans laquelle le secteur agricole est plongé aujourd’hui», a réagi Maxime Prévot. «Seulement 5% des agriculteurs wallons ont moins de 35 ans. Il y a une réelle pénurie et il est urgent d’agir.» «Nous devons travailler à un juste prix. Il n’est pas normal que le secteur agricole soit l’un des rares qui puissent vendre à perte. Ce sont les soldes toute l’année et ce n’est pas tenable. Le nombre croissant de suicides dans la profession doit d’ailleurs nous interpeller», a-t-il ajouté. «Il faut faire toute la transparence sur cette chaîne qui est trop opaque. À ce titre, ce n’est pas normal que le secteur de la grande distribution n’ait pas encore réagi à cette campagne de la FJA. Ce sont donc des contacts que nous allons établir et des législations sur lesquelles nous allons travailler. Sur le plan commercial, il faut aussi valoriser les lieux de production, plutôt que ceux de transformation. Sinon, on a l’impression que du bœuf importé de l’étranger avec des normes sanitaires moindres est aussi qualitatif que celui produit chez nous.»

Quant à l’intégration du cdH dans une éventuelle majorité au niveau fédéral, son président n’a pas souhaité s’avancer davantage. «J’ai eu des échanges avec les informateurs début janvier. Rien n’est exclu, nous verrons où mènent les discussions», s’est-il contenté de rappeler.