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Brexit: la reine Elizabeth II et l’Europe donnent leur feu vert à l’accord de divorce

Brexit: la reine Elizabeth II et l’Europe  donnent leur feu vert à l’accord de divorce

Elizabeth II a marqué son accord pour le Brexit. AFP

Le Royaume-Uni est désormais prêt pour le Brexit au 31 janvier. Au lendemain du feu vert définitif du Parlement britannique au projet de loi de retrait de l’Union européenne, c’est à son tour la reine Elizabeth II qui, ce jeudi, lui a donné son approbation formelle.

Le Parlement européen doit encore se prononcer sur ce texte mercredi 29 janvier prochain. Sa commission des affaires constitutionnelles se réunit dès 16h ce jeudi pour un premier feu vert attendu. Vendredi, les présidents de la Commission européenne Ursula von der Leyen et du Conseil Charles Michel signeront formellement l’accord négocié avec le gouvernement de Boris Johnson, plus de trois ans après le référendum qui avait vu le camp du «Leave» l’emporter avec près de 52% des voix.

Le Brexit au 31 janvier ouvrira une période de transition jusqu’au moins la fin de cette année, au cours de laquelle le Royaume-Uni devra continuer à se conformer aux règles du marché intérieur et de l’union douanière. Des négociations auront lieu pendant cette période sur la relation future entre les deux parties, portant essentiellement sur des matières commerciales et sécuritaires.

Feu vert européen à contrecoeur

La commission des affaires constitutionnelles du Parlement européen a, sans surprise mais à contrecoeur, recommandé jeudi à la plénière d’adopter l’accord de retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne, permettant une poursuite sans entrave de la procédure qui doit voir le pays quitter l’Union le 31 janvier prochain, après 47 ans d’une vie commune mouvementée.

Le vote est intervenu au lendemain de l’approbation définitive de ce texte par le Parlement britannique et peu de temps après sa promulgation par la reine Elizabeth II, qui clôturaient la procédure côté britannique.

Il a été acquis par 23 voix pour, 3 contre et aucune abstention, dans un silence lourd.

«Ce jour est un jour noir, un jour triste», a commenté l’eurodéputé belge Guy Verhofstadt, président pour quelques jours encore du groupe de pilotage du Parlement européen sur le Brexit. «Le choix qui nous est proposé n’est pas de voter oui ou non au Brexit, sans quoi je voterais non. Le choix qui nous est proposé est celui entre un Brexit ordonné ou un ‘no-deal’, un Brexit dur au 1er février, raison pour laquelle je vote oui.» L’ancien Premier ministre belge s’est dit «persuadé qu’un jour - et peut-être ne serai-je plus là, nous verrons revenir les députés britanniques au Parlement européen». Une majorité d’eurodéputés se sont exprimés dans ce sens.

La plénière est appelée à se prononcer mercredi 29 décembre prochain à Bruxelles sur la recommandation de la commission. Enfin, le Conseil (Etats membres) devra entériner cette décision, à majorité qualifiée, avant le 31 janvier.

De leur côté, les présidents de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et du Conseil, Charles Michel, signeront ce vendredi l’accord de retrait. Les Vingt-sept avaient donné leur feu vert à cet accord le 17 octobre dernier, plus de trois ans après le référendum qui avait vu les partisans du «Leave» l’emporter avec près de 52% des voix.

L’accord de Brexit règle les modalités du divorce en garantissant notamment les droits des citoyens et en résolvant le casse-tête de la frontière irlandaise.

Surtout, il vise à garantir une rupture en douceur en prévoyant une période de transition courant jusqu’à la fin 2020, durant laquelle le Royaume-Uni et l’UE négocieront leur relation future, notamment en matière commerciale et sécuritaire. La brièveté de cette période de négociation et la sensibilité des matières à traiter font craindre aux Européens un «no-deal» si le Premier ministre britannique Boris Johnson s’obstine dans son refus de solliciter une prolongation avant l’échéance légale de fin juin.