BELGIQUE

L’armée a incorporé l’an dernier un nombre record de recrues

L’armée a incorporé l’an dernier un nombre record de recrues

Image d’illustration. BELGA/AFP

La Défense a recruté 2.111 personnes l’an dernier, un nombre plus élevé que celui des postes vacants ouverts, a annoncé mercredi le «patron» de l’armée, le général Marc Compernol.

Le général Marc Compernol a rappelé que le recrutement restait l’un des défis auxquels ce département est confronté, avec l’introduction de nouveaux équipements et le maintien d’un «produit opérationnel» disponible pour les décideurs politiques.

«Nous relevons ce défi (celui du personnel) avec détermination, pour preuve, les 2.111 recrues qui ont rejoint la Défense en 2019», a-t-il affirmé lors d’une réception de Nouvel An donnée au Cercle Gaulois à Bruxelles.

«Ce taux de remplacement annuel de plus de 8% des effectifs devra encore être maintenu durant de nombreuses années. Parallèlement nous travaillons sur toute une série de mesures visant à améliorer la rétention du personnel et à augmenter l’attractivité de la Défense. Notre objectif est de permettre aux militaires de se concentrer sur leur mission première, c’est à dire assurer votre futur et celui de vos enfants», a ajouté le chef de la Défense (Chod) devant un parterre d’autorités militaires et civiles, dont le ministre de la Défense, Philippe Goffin.

La Défense a ouvert en 2019 un nombre record de postes depuis bien des années – 2.035 militaires (220 officiers, 600 sous-officiers et 1.215 soldats et matelots ainsi qu’une cinquantaine de civils et 420 réservistes). Il s’agissait d’une hausse de plus de 30% par rapport à l’année précédente, afin de faire face aux départs massifs à la retraite de la génération des «baby boomers», nés entre 1946 et 1964.

«En 2019, nous sommes parvenus pour la première fois depuis très longtemps à dépasser le cap des 2.000 incorporations», s’est félicité le général Compernol.

Poursuivre les efforts en 2020

En 2020, l’objectif est de «poursuivre les efforts» et de recruter à nouveau 2.150 membres du personnel, a-t-il dit.

«Nous visons non seulement la quantité, mais aussi à remplir tous les postes vacants […] et en particulier, le recrutement de personnel dans les professions en pénurie».

L’armée va ainsi lancer cette année lancer un programme de préparation spécifique pour les candidats sous-officiers techniciens en collaboration avec le Forem, le VDAB (l’office régional flamand de l’emploi) et plus tard probablement aussi avec leur équivalent bruxelllois Actiris.

«Mais le personnel n’est pas notre unique défi. La Défense devra également maintenir son output opérationnel, améliorer son niveau de préparation (en jargon «readiness») et assurer la transition vers les nouveaux systèmes d’armes (dont l’achat est prévu dans la «vision stratégique» pour la Défense adoptée en 2016 par le gouvernement Michel 1er), a souligné le Chod.

«Trouver le bon équilibre entre ces quatre facteurs, est impératif pour les prochaines années», a-t-il prévenu.

Car malgré ce défi en personnel, l’armée reste, selon le général, focalisé» sur l’output opérationnel «la contribution que seule la Défense peut apporter à la politique gouvernementale». «L’output opérationnel constitue l’ADN des Forces armées, la première source de motivation de l’ensemble du personnel et en particulier, de nos recrues», a-t-il dit. A l’apogée des opérations en 2019 «plus de 1.400 militaires étaient actifs» en Belgique et à l’étranger, sur différents théâtres, dont la région du Sahel.

Une période de transistion pour l’armée

Le chef de la Défense a souligné que l’armée devait, tout en restant opérationnelle, s’imposer une période de transition afin de former le nouveau personnel et d’introduire toutes les nouvelles capacités – comme les avions de combat américains F-35 et les drones MALE, les navires de lutte contre les mines et les blindés du programme Scorpion mené en collaboration avec la France.

C’est la raison de la mise sur pied d’une équipe de transition, dirigée par le général-major Marc Thys et «mandatée pour démêler ces exigences particulières et parfois antagonistes» pour assurer à court et moyen terme la continuité du département.

Le chef de la Défense a aussi réclamé des moyens budgétaires supplémentaires, rappelant qu’il souhaitait porter les dépenses de défense à «au minimum 1,28%» du Produit intérieur brut (PIB) d’ici 2024 – là ou l’OTAN demande d’atteindre les 2% à cette échéance, un objectif que ne manque pas de rappeler avec insistance le président américain Donald Trump. «Nous parlons ici du prix d’une café par jour et par travailleurs en Belgique», a calculé le général Compernol.

Selon lui, une telle hausse du budget est nécessaire pour financer le renouvellement en cours des matériels militaires et pour avoir «du personnel capable» de les mettre en œuvre, avec des infrastructures adaptées. Faute de quoi la crédibilité de la Belgique envers ses partenaires de l’UE et de l’OTAN serait «gravement mise en cause».

Le général Compernol a enfin plaidé pour la mise sur pied d’»un gouvernement stable doté du punch nécessaire» et capable d’élaborer une véritable politique de sécurité et donner à la Défense les moyens de mettre cette politique correctement en œuvre.

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