FRANCE

"L'escroc des stars" jugé en mai à Paris avec le fondateur du GIGN et un ancien secrétaire d'Etat

"L'escroc des stars" jugé en mai à Paris avec le fondateur du GIGN et un ancien secrétaire d'Etat

AFP/Archives

"L'escroc des stars" Christophe Rocancourt doit être jugé à Paris fin mai dans une affaire de corruption au côté du fondateur du GIGN Christian Prouteau et de l'ex-secrétaire d'Etat socialiste Kofi Yamgnane.

Loin de ses arnaques d'autrefois à plusieurs centaines de milliers d'euros, M. Rocancourt est notamment accusé d'avoir tenté, contre paiement, de faire régulariser deux Marocaines sans-papiers avec l'aide des deux hommes.

L'escroc de 52 ans, connu pour avoir arnaqué plusieurs personnalités en France et aux Etats-Unis, sera jugé du 19 au 26 mai par le tribunal correctionnel de Paris pour "escroquerie", "trafic d’influence", "exercice illégal de la profession de banquier" et blanchiment de fraude fiscale".

Sa compagne et un notaire doivent également être jugés, ainsi que son ancien avocat Me Marcel Ceccaldi.

Christophe Rocancourt est aussi accusé d'avoir prêté de l'argent à son entourage à des taux élevés, et d'avoir utilisé l'avocat pour blanchir 90.000 euros issus de cette activité.

Quant au notaire, l'escroc l'aurait convaincu de lui remettre 20.000 euros destinés à un faux policier susceptible d’intervenir en sa faveur.

Le commandant Christian Prouteau, également créateur en 1982 de groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR), sera lui jugé pour "trafic d'influence" et "travail dissimulé" comme consultant en sécurité.

C'est en s'intéressant au gendarme que les investigations ont, par ricochet, mis en lumière l'un des plus grands scandales de la PJ parisienne.

Les enquêteurs ont en effet découvert que M. Prouteau avait bénéficié d'informations sur son affaire avant même sa garde-à-vue, grâce à de bons tuyaux venus du 36 quai des Orfèvres.

L'affaire avait fait l'effet d'une bombe quand le patron de la PJ Bernard Petit avait été mis en examen et immédiatement limogé en février 2015.

L'enquête avait aussi mis au jour un système de corruption autour du président de l'influent président de l'Anas, puissante association en charge des œuvres sociales de la police.

Ces volets successifs de l'enquête ont finalement été disjoints de l'affaire Rocancourt. Les investigations sont closes et le parquet de Paris doit prendre de nouvelles réquisitions.

Christophe Rocancourt s'est rendu célèbre en se faisant passer dans les années 90 pour un héritier du milliardaire Rockfeller, arnaquant plusieurs stars de Hollywood avant de purger cinq ans de prison aux Etats-Unis.

En 2012, il avait été condamné en France pour abus de faiblesse envers la réalisatrice Catherine Breillat. Il a été condamné en 2017 à 15.000 euros d'amende dans un autre scandale du "36", le vol de 48,5 kg de cocaïne dans les scellés de la PJ.