BELGIQUE

Commémoration de la Shoah: lutter contre l’obscénité raciste, exhorte Patrick Dewael

Commémoration de la Shoah: lutter contre l’obscénité raciste, exhorte Patrick Dewael

Patrick Dewael. BELGA

La Chambre des représentants a commémoré mercredi les victimes de la Shoah durant la IIe Guerre mondiale. Le président, Patrick Dewael (Open Vld), a lancé un appel à lutter contre la prolifération de la haine en Europe, et notamment en Belgique.

«Chaque jour, on apprend que des personnes sont victimes d’intolérance que ce soit en raison de leur origine, de leur idéologie ou de leur orientation sexuelle. D’affligeant et d’effrayant, c’est ainsi que je qualifie la discrimination croissante à l’égard des migrants et des communautés LGBTI dans plusieurs États membres de l’Union européenne. Et même dans un pays comme le nôtre, empreint d’une longue tradition démocratique, les forums internet regorgent d’obscénités racistes. Des juifs et des musulmans se font insulter publiquement, et des homosexuels sont passés à tabac. Il est de notre devoir de lutter contre cette évolution néfaste qui semble s’auto-alimenter», a déclaré M. Dewael.

Le président de la Chambre n’a pas évoqué directement l’incident mais, depuis mardi, les condamnations se succèdent à la suite des commentaires racistes diffusés sur les réseaux sociaux sur le naufrage d’un bateau de migrants au large de La Panne. La police fédérale a d’ailleurs ouvert une enquête à la demande du parquet de Flandre occidentale.

L’hémicycle de la Chambre était composé pour l’occasion de représentants de la communauté juive ainsi que de diverses personnalités publiques, académiques et politiques.

Une survivante du camp d’extermination d’Auschwitz, Marie Pinhas-Lipstadt, a pris la parole. Née en 1931, la vieille dame a évoqué le parcours qui l’a menée à la déportation avec ses parents en 1944. Elle a survécu malgré ses 14 ans parce qu’elle était d’une forte constitution qui lui a permis d’échapper à la chambre à gaz.

«J’ai fait connaissance avec les mauvais, ceux qui ne respectent ni personne, ni rien», a-t-elle expliqué.

La Belgique a mis beaucoup de temps à reconnaître sa responsabilité dans la déportation des Juifs vers les camps de la mort alors que tant en Flandre qu’en Wallonie de nombreuses autorités y ont participé activement, a rappelé le recteur de l’Université d’Anvers, Herman Van Goethem. Il a fallu attendre un discours du Premier ministre Elio Di Rupo en septembre 2012 lors de l’inauguration du Musée de la caserne Dossin à Malines, suivi par une résolution du Sénat en janvier 2013.

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