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Étiquettes énergétiques: le comportement des consommateurs a changé

Étiquettes énergétiques: le comportement des consommateurs a changé

Les labels A +, A ++ et A +++ vont disparaître à terme pour une meilleure lisibilité. stock.adobe.com

Le label énergétique mis en place par l’Union européenne a déjà modifié le comportement des consommateurs et des industriels.

Le changement climatique tel que nous le vivons implique une prise de conscience à tous les niveaux pour diminuer notre empreinte écologique. Ce ne sont pas toujours des mesures spectaculaires et immédiatement perceptibles pour les consommateurs qui se montrent les plus efficaces. Il suffit parfois d’une simple étiquette pour entraîner des comportements différents qui, à l’échelle d’une entité aussi vaste que l’Union européenne, génère des économies substantielles.

«Introduit à l’origine pour un certain nombre d’appareils ménagers en 1994, puis élargi en 2004 – avec une échelle de notation allant de A (les produits les plus efficaces) à G (les produits les moins efficaces) -, ce concept a été essentiel pour aider les consommateurs à choisir des produits plus économes en énergie. Parallèlement, il encourage également les fabricants à stimuler l’innovation en utilisant des technologies plus économes en énergie.» (source UE).

Des étiquettes reconnues

Selon une enquête menée par la Commission européenne, «l’étiquette énergétique est reconnue par 93% des consommateurs et 79% en tiennent compte lorsqu’ils achètent des produits économes en énergie. Les fabricants ont à cœur de voir leurs produits portant une étiquette énergétique classés dans la catégorie la plus élevée par rapport à leurs concurrents. Par exemple, environ deux tiers des réfrigérateurs et des lave-linge vendus en 2006 étaient de classe A, alors que plus de 90% de ceux qui ont été vendus en 2017 étaient classés dans les catégories A +, A ++ ou A +++.» L’étiquetage énergétique représente le deuxième symbole le plus connu associé à l’Union européenne, après le symbole de l’euro.

Améliorer la performance environnementale

L’écoconception est un des buts poursuivis par l’Union européenne qui repose somme toute sur un concept simple: rendre les produits plus efficaces afin de réduire la consommation d’énergie et d’autres ressources naturelles. La balle est donc dans le camp des industriels. Ils doivent améliorer la performance environnementale des produits en respectant une série de normes minimales obligatoires pour accroître leur efficacité énergétique. Ceci a déjà permis d’éliminer les produits les moins performants du marché tout en favorisant l’innovation industrielle.

Les étiquettes et l’écoconception sont donc les deux faces d’une même pièce. Il s’agit d’un mécanisme d’incitation et de dissuasion dont le but est de réduire les émissions de carbone en guidant les choix des consommateurs lors de l’achat de produits consommateurs d’énergie.

Un nouveau système plus ambitieux

La législation de l’Union européenne en matière d’écoconception s’applique à 31 groupes de produits dans des domaines très variés: le chauffage au sens large, les chauffe-eau, l’éclairage, les télévisions, les machines à laver, l’air conditionné, les aspirateurs… Ces étiquettes et ces normes auraient déjà permis d’économiser de l’énergie à hauteur d’environ 150 Mtep (millions de tonnes équivalents pétrole) chaque année, soit à peu près l’équivalent de la consommation annuelle d’énergie primaire de l’Italie ou 9% de la consommation totale d’énergie au sein de l’Union européenne.

Le nouveau système d’étiquetage se montre encore plus ambitieux car, d’ici 2030, les économies devraient atteindre 15% de la consommation totale d’énergie de l’UE et 11% de ses émissions totales de carbone.

 

Une nouvelle échelle énergétique a vu le jour

En raison de l’évolution technologique rapide et imprévisible, les classes supérieures, étiquetées A et B, ont compté un trop grand nombre d’appareils. À titre d’exemple, en 2017, plus de 85% des téléviseurs vendus dans l’Union européenne appartenaient à des classes supérieures à B.

Les labels A +, A ++ et A +++ manquent également de clarté, raison pour laquelle une réforme était indispensable. L’étiquetage énergétique, allant actuellement de A +++ à D sera supprimé et remplacé par l’échelle initiale qui allait de A à G. Aucun produit ne sera classé dans la catégorie A dans un premier temps. Ce vide a été créé pour laisser de la place à de futurs modèles plus économes en énergie. Un produit étiqueté A +++ pourrait ainsi se retrouver dans la catégorie B. D’ici 2030, les responsables de l’Union européenne projettent que 10% des produits soient en catégorie A et 43% en catégorie B. Un sacré pari.